Un gilet jaune devant le tribunal suite aux incidents de Feluy

Un gilet jaune a comparu ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Charleroi. La justice lui reproche une incitation à la violence lors du blocage devant le site Total à Feluy en novembre dernier. Le prévenu n’est pas poursuivi pour les faits de vandalisme qui ont été commis, notamment l’incendie d’un camion citerne, mais pour des propos qu’il a tenus.

Dans la nuit du 19 au 20 novembre 2018, Fréderic De Lel est présent sur place avec un ami. L’ambiance est électrique et cet habitant de Manage s’exprime devant les caméras de la RTBF : "Il faut nous aider ou alors on va s'aider nous-mêmes. On n'a que ça à faire : c'est foutre le feu à tout, tout casser pour qu'ils comprennent. Mais à mon avis ils ne vont pas comprendre."

Le prévenu est conscient qu’il a tenu des propos inacceptables mais il se défend de toute incitation à la violence : "C'est la peur qui parle. C'est le mal-être qui parle. C'est tout ça qui parle. Vous savez, vous pouvez vous disputer avec votre voisin, vous allez dire à votre voisin que vous allez lui casser la gueule. C'est pas pour ça que vous allez lui casser la gueule. Donc les propos qui sont tenus c'est dans le contexte, c'est dans le climat social, c'est dans le mouvement, voilà."

Frédéric de Lel  n’avait jusqu’ici jamais été inquiété par la justice. Il veut éviter tout amalgame : "Il est, dit-il, un gilet jaune pas un casseur". Son avocat David Gelay craint que son client soit condamné pour l’exemple : "J'ai voulu vraiment recibler le débat pour bien préciser que l'action de la justice, qui est un pouvoir indépendant, c'est vraiment de reconnaître le cas particulier de mon client qui est un bon père de famille, qui a cinq enfants, qui est dans une situation de détresse personnelle avec une épouse malade et qui lui-même n'a pas de travail. Et ce jour-là il a envie simplement de manifester une position, d'exprimer un combat social, légitime, sans violence".

La défense demande l’acquittement. Le parquet, lui, réclame une peine de travail de 80 heures. Le jugement est attendu pour le 6 février.
 

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