Un automobiliste acquitté d'une tentative de meurtre à Gosselies en août 2015

Les faits s'étaient déroulés sur la place du Calvaire à Gosselies
Les faits s'étaient déroulés sur la place du Calvaire à Gosselies - © Google Street View

Le tribunal correctionnel de Charleroi a prononcé, ce lundi, l'acquittement d'un prévenu poursuivi pour une tentative de meurtre. Il était soupçonné d'avoir foncé sur l'amant de sa compagne avec sa voiture. La version qu'il a toujours soutenue, à savoir que la victime s'était jetée sur son véhicule, a été jugée plausible.

Le 11 août 2015, une altercation s'est produite dans un café de la place du Calvaire à Gosselies. Le prévenu, Dominique N., avait esquivé un verre lancé par Daniel D. et quitté les lieux, remontant dans sa voiture. Il a alors aperçu son rival qui traversait la place du Calvaire, sur le site propre du tram, et qui l'invectivait.

Selon la partie civile et le parquet, l'automobiliste a accéléré et foncé droit sur la victime pour la percuter à 50 km/h. Daniel D. avait fait éclater le pare-brise avant de retomber lourdement au sol. Le conducteur, lui, avait poursuivi sa route sans s'arrêter. "Trois témoins confirment que la voiture roulait sur le site du tram", a expliqué la partie civile. "La voiture n'a rien à faire là. Elle est censée contourner les rails par la gauche via la chicane".

Selon le substitut Dufrasnes, l'intention d'homicide est établie par l'usage du véhicule et la vitesse au moment du choc. Au terme de son réquisitoire, le magistrat a requis six ans de prison ferme.

Me Puccini, conseil de Dominique N., a fait appel à un expert automobile qui est venu contredire le rapport de celui désigné par le parquet. Selon l'avocat, les témoignages fournis sont de complaisance puisqu'il s'agit de clients et du patron d'un café voisin que fréquentait la victime.

Ce jour-là, Daniel D. avait deux grammes d'alcool dans le sang et consommé de la cocaïne et du cannabis, souligne la défense. "Un choc normal aurait provoqué des blessures aux membres inférieurs. Or, ici, c'est avec les genoux qu'il fait exploser le pare-brise", a plaidé Me Puccini qui ajoute que son client, ancien para-commando, avait eu tout le loisir d'en découdre avec son rival au sein du café, mais qu'il avait préféré quitter les lieux sans riposter.

Le tribunal s'est basé sur les expertises pour déterminer que le choc s'était produit avant le site propre du tram et que, au vu des vidéosurveillances, la version du prévenu n'est pas dénuée de fondement. Dans le doute, ce dernier a donc été acquitté.

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