Tournai: le cocktail vintage attire des touristes étrangers

Tournai: Le cocktail vintage attire des touristes étrangers
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Tournai: Le cocktail vintage attire des touristes étrangers - © Tous droits réservés

Au "Check-in", on déguste des cocktails imaginés en 1820, des liqueurs oubliées, dans des verres chinés en brocante. A 28 ans, la Française Marine Leblanc s'est spécialisée dans le cocktail vintage.

 

Elle est venue en Belgique pour étudier le commerce international. Dix ans plus tard, la native de Douai nous fait découvrir son "Napoléon Blague à Part", un des "best-sellers" de l'endroit. "Napoléon Blague à part, c’est Mandarine Napoléon, genièvre de grain, sirop de sucre, cannelle, exprimé à l’orange". On y goûte un peu, mais pas trop (le travail, le travail...). Ici, le choix est vaste, et se décline sur de petites cartes, réunies dans une boîte d'apothicaire. "Dans la boite on a une carte qui est " oublie l’évidence cherche le merveilleux laisse faire le barman ". Et ça marche bien. Le défi c’est de partir de vos gouts et de réussir à vous ravir, en ayant trouvé exactement ce dont vous aviez envie à ce moment -ci".

 

Sa période de prédilection? Le 19ème siècle. On est remonté aux recettes de 1830-1880. C'est vraiment la source, beaucoup d’ouvrages phare ont été écrits à cette époque. On aime cette approche de travail avec des produits d’époque, du matériel qui date aussi. On travaille au verre à mélange, etc. On a des cocktails type Vesper, comme dans James Bond, ça c’est un peu plus tard. Puis on a les cartes création. Des compos personnelles.

 

Derrière Marine se dresse un bar bien garni. Beaucoup de bouteilles de gin. "En fait, le gin était l’alcool de la prohibition car, contrairement au whisky, il demande beaucoup moins de vieillissement. Pour le produire à la maison comme c’était interdit on le faisait dans la baignoire, infuser avec quelques botaniques. Pour le consommer au bar, on utilisait des tasses." Si vous demandez un Tea Punch, c'est donc...dans une tasse qu'il vous sera servi. "Dans ce cocktail, on travaille le thé, avec du gin, en infusion de camomille, quelques gouttes de bitter à la lavande, un sirop de miel maison... On a choisi le contenant par rapport au spiritueux utilisé. On aime expliquer à table toute l'histoire qui accompagne ce cocktail...C’est ça le vintage se rappeler avant, et remettre un peu au goût du jour. Que ce soit en verre, sur le contenu, le contenant, la façon dont on va déguster à table, les meubles, la musique...tout tend un peu au vintage".

 

Marine passe beaucoup de temps dans les brocantes, pour chiner tous ces "petits riens" qui donnent du style. "J’avais envie d’un lieu agréable, chaud, avec des couleurs réconfortantes. L’avantage du vintage, c’est que je peux changer tout le temps. Exemple : pour une soirée Tintin, en brocante on a trouvé des vases chinois, des tableaux avec des bateaux qui ne devaient être là que pour la soirée. Au final tout est resté..."

 

Quelle clientèle fréquente l'endroit? Des hipsters à barbe, des nostalgiques ? "C’est ultra éclectique et c'est notre fierté. Je vais avoir des clients avec une barbe, des cheveux gominés, qui suivent les tendances. Des clients plus âgés viennent l’après-midi. On a des familles avec enfants, qui vont déguster des cocktails sans alcool, on a des étudiants… y’a pas un type de clients". Précision tout de même... Ici, on déguste, on ne vide pas verre sur verre. Ce qui serait d'ailleurs impayable..."C'est clair, un cocktail peut valoir dix fois le prix d'une bière ailleurs. Mais vous venez pour autre chose. Des produits de qualité. Une recherche de goût. Souvent, on fait tourner les verres, autour d'une table, ça devient un moment de convivialité".

En ce moment, Marine prend des cours d'anglais. "Pour servir les clients qui viennent de plus en plus loin", explique la jeune femme. "Les vrais amateurs de cocktail peuvent faire 100 km pour découvrir un endroit. Il y a un tourisme du cocktail vintage, oui!"

 

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