Tournai: la mise à gabarit de l'Escaut a été votée

La mise à gabarit de l'Escaut a été votée lundi soir lors du conseil communal.
La mise à gabarit de l'Escaut a été votée lundi soir lors du conseil communal. - © Google Maps

Le projet d’alignement des quais dans le cadre de la mise à gabarit de l’Escaut a été approuvé grâce à 23 votes favorables sur 39 possibles.

Les élus communaux de Tournai ont été accueillis, ce lundi soir, par des dizaines de Tournaisiens débarquant au son de la chanson Les Tournaisiens sont là. La salle du conseil était comble pour évoquer le pont relatif à l’alignement des quais dans le cadre de la mise à gabarit de l’Escaut afin de faire passer des bateaux plus importants (classe Va).

Le point a été approuvé grâce à 23 voix favorables sur 39 possibles. Encore une fois, c'est la largeur du fleuve à hauteur du pont à Ponts qui a été surtout débattu.

Le PS comme un seul homme, le MR qui se déchire

Geoffroy Huez, chef de groupe PS, lance le bal des interventions : “Nous ne sommes pas attachés aux 27 m. Nous préférerions céder moins de terrain mais depuis trois ans, le SPW n’a pas changé d’avis. Ce n’est pas un débat de marchands de tapis. Il s’arrête sur une distance de sécurité minimale. ”

Le PS a apporté ses 18 voix dans la balance. C'est oui !

Le partenaire de la majorité à Tournai, le MR, qui compte 12 élus, n'est pas parvenu à un accord au sein de son groupe. 8 élus ont désapprouvé le plan, dont Marie-Christine Marghem, 3 autres élus dont l'échevin Armand Boite ont approuvé le projet, et il y a également eu une abstention. “Je ne suis toujours pas convaincue par les propos du SPW et c'est pour cette raison que le MR, ne disposant, en termes d’études techniques, que des simulations théoriques émanant du dossier a mandaté un expert afin de se forger une opinion critique permettant de répondre au questionnement non résolu”, lance Marie-Christine Marghem.

Cette étude évoque bien une possible largeur de chenal de 23 m au droit du pont à Ponts, avec une distance de sécurité de 5,80 m. Mais cette même étude est décriée par le PS, car elle a été réalisée en peu de temps, car son auteur n'est pas venu sur place... Et finalement, elle n'a pas convaincu, non plus, les quatre élus MR.

CdH et Ecolo contre, Tournai Plus pour

Du côté de la minorité, les votes ont été contrastés.

Le cdH, qui dispose de quatre élus au conseil communal de Tournai, a désapprouvé le projet. “Nous avons posé de nombreuses questions et toutes les réponses n’ont pas été apportées, concernant les retombées pour l’emploi, l’option des 24 m apparue à un moment dans les études, la stabilité des bâtiments au droit du quai le plus étroit… Quant à la largeur de l’Escaut à hauteur du pont à Ponts, le SPW dit que ce sera 27 m pour la sécurité et la fluidité car elles sont liées... Mais ces arguments sont avancés de manière contradictoire pour défendre l’option retenue. Tournai ne mérite pas d’une autoroute fluviale. Il faut un élargissement raisonnable”, assène le chef de file, Jean-Marie Vandenberghe.

Ecolo, qui compte trois élus autour de la salle du conseil communal, a également voté contre. Il déplore surtout la mauvaise préparation du dossier à Tournai. “Il n’a pas été pris en charge assez bien par la majorité depuis des années. Nous sommes par ailleurs très sensibles à la question de la sécurité, mais nous déplorons que des simulations plus précises sur les largeurs du fleuve n’ont pas été demandées par la commune. Et finalement, le Gouvernement wallon décidera à la place des Tournaisiens”, glisse la chef de file, Marie-Christine Lefebvre.

A l'inverse des autres groupes de la minorité, les deux élus de Tournai Plus ont approuvé le projet. Le chef de groupe Benoit Mat commence par émettre les mêmes réserves qu'Ecolo. “Ce dossier est un exemple de ce qu’il ne faut pas refaire à Tournai en matière de gestion de dossiers. Mais nous allons nous inscrire dans la démarche économique, écologique, durable, pour l’emploi.”

Des fissures et un recours

Avant de procéder au vote, le bourgmestre ff Paul-Olivier Delannois glisse ceci : ‟ Quand on parle de sécurité, je ferai toujours appel à des experts. Si on parle de relancer une centrale nucléaire, quand il y a des fissures, et des fissures dans une majorité, ça arrive, je fais confiance aux experts.”

Voulant se placer au-dessus de la mêlée, le bourgmestre en titre, Rudy Demotte (PS), ajoute : “Il n’y a pas de bons et de mauvais Tournaisiens. La recherche de l’intérêt général, voilà ce qui nous préoccupe tous. Personne ne massacre ou ne balafre Tournai. Nous avons tous le souci de rendre notre ville plus belle. Et nous voulons que des propositions des divers collectifs de riverains soient suivies de faits. Nous allons également continuer dans ce processus de co-construction, avec les citoyens, de projets importants de Tournai.”

Ces paroles ne suffisent pas aux opposants du projet car ils déposeront très probablement un recours. Voilà qui fait craindre la perte des subsides européens. "C'est subsides ne seront accordés que si l'ensemble des travaux de la traversée de Tournai sont achevés d'ici la fin de l'année 2019" explique Christophe Vanmuysen du département des voies hydrauliques de l'Escaut au Service public de Wallonie. Il ajoute : "Dans ce cadre-là, on peut espérer commencer les travaux avant la fin de l'année".

Aucune demande de permis n'a été octroyée pour l'instant. L'enjeu de ce projet d'élargissement est de permettre à des bateaux standardisés de 2000 tonnes (110 mètres de long et 11 mètres 40 de large)  de traverser Tournai par les voies navigables.

 

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