Tournai – Hyon : ces nouveaux commerçants ont ouvert leurs portes sous Covid

"Binaize", Stéphane Krzewinski: son commerce situé à Hyon a attiré du monde pour le week-end d'ouverture.
2 images
"Binaize", Stéphane Krzewinski: son commerce situé à Hyon a attiré du monde pour le week-end d'ouverture. - © DR

"Bonjour, c’est la première fois que je viens…" Le confinement n’empêche pas François de mettre les pieds dans ce commerce qui vient d’ouvrir à Hyon (Mons). "Je vais vous faire la visite". Le patron de Binaize l’emmène dans les rayons. "Là, ce sont des bières houblonnées. Et là, c’est mon coin préféré : les gueuzes." Stéphane Krzewinski a l’enthousiasme des premières fois.

"C’est un projet auquel je pensais depuis longtemps. La crise sanitaire m’a poussé à me lancer. Après dix-sept ans dans l’horeca, me voici épicier-caviste." Mais les banques sont frileuses avec les nouveaux commerçants en cette période. "Aucune ne m’a accordé de prêt". C’est une asbl, microStart, qui l’a finalement aidé à boucler son budget avec un coup de pouce de 14.000 euros. Quant à la date d’ouverture, elle a été fixée au vendredi 13 novembre. Le premier week-end fut bien animé: "J’espérais quarante clients par jour. J’en ai eu cinquante-cinq en moyenne. Ils sont venus par curiosité et j’espère qu’ils reviendront pour la qualité des produits".

"Le commerce local a repris ses droits"

À Tournai, Anne-Claire Derasse a ouvert "Croquez local" un peu plus tôt, le 29 février. "J’ai eu deux semaines normales et puis la crise a éclaté". Il a fallu gérer le raz-de-marée des confinés vers les commerces locaux… "Il y avait des files à la caisse. Et je manquais de stock pour certains produits". Et puis après la vague, le creux. "Mais là, avec la hausse de la circulation du virus, le commerce local a repris ses droits. J’espère que ça s’inscrira davantage dans la durée. Je le crois."

Ouvrir un magasin sous Covid l’a obligée à s’adapter aux circonstances. "Il a fallu installer un protocole sanitaire : un sens de circulation, des protections à la caisse. On a aussi lancé un service de livraison à domicile, deux fois par semaine, même si moins de gens l’utilisent aujourd'hui qu’en avril." En regardant dans le rétro, la jeune femme de 25 ans est satisfaite d’avoir su gérer cette première année un peu folle. Et est-ce que la rentabilité est au rendez-vous ? "Je vous le dirai après avoir vu mon comptable, mais oui, ça tient la route".

"On avait du boulot à crever"

Le coronavirus a marqué ces débuts de carrière, mais aussi la fin de l'aventure commerciale pour d’autres. À Leuze, Michel et Cécile Kestelain comptaient bien fermer leur épicerie "D’un goût à l’autre" d’ici un an ou deux, mais le Covid a accéléré les choses. "En mars, les commandes par téléphone n’arrêtaient pas, on avait du boulot à crever, on ne savait plus suivre", explique l’épicière. "Mon mari a 64 ans. Il aspirait à un peu de tranquillité. Il m’a dit que je pouvais continuer toute seule… mais j’ai préféré prendre ma retraite avec lui.

Ecoutez notre reportage audio sur les nouveaux commerçants : ​​​​​​

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK