Tournai : Emmanuelle se bat pour son fils emprisonné au Burkina Faso

Emmanuelle est en contact avec les "affaires étrangères" depuis que son fils est en prison début décembre.
Emmanuelle est en contact avec les "affaires étrangères" depuis que son fils est en prison début décembre. - © RTBF

Cela fait un mois qu’Emmanuelle vit dans l’angoisse et le stress. Un mois, depuis que son fils de 22 ans est incarcéré à Bobo Dioulasso au Burkina Faso. En décembre, le jeune homme de 22 ans a été condamné à un an de prison pour avoir consommé du cannabis en rue. Et même si ce Tournaisien a déjà des antécédents judiciaires en Belgique, sa maman fait tout ce qu’elle peut pour qu’il puisse purger sa peine chez nous.

Ce qui empêche Emmanuelle de dormir, ce sont les conditions de détention au Burkina Faso. "Je m’inquiète surtout pour sa santé, confie-t-elle. Il suffit de taper dans un moteur de recherche "maison d’arrêt Bobo Dioulasso" pour se rendre compte de quoi on parle. La prison est surpeuplée. Les détenus se retrouvent parfois à quelques centaines dans une pièce dans des conditions d’hygiène déplorable. C’est inhumain." Depuis que son fils est là-bas, Emmanuelle fait ce qu’elle peut avec les moyens du bord. Les contacts téléphoniques avec la prison coûtent cher. "Il faut aussi faire en sorte qu’il ait de la nourriture, des médicaments éventuellement… " La maman se dit soutenue par le département des "Affaires étrangères" et l’ambassade de Belgique au Burkina Faso. "Mais ils ne peuvent pas intervenir car il ne s’agit pas d’une arrestation abusive ni politique ", indique Emmanuelle.

Un transfèrement vers la Belgique ?

Le souhait de la maman est de pouvoir faire rapatrier son fils dans une prison belge. Un transfèrement de prisonnier est-il possible ? Les "Affaires étrangères" refusent de s’exprimer sur le cas particulier du Tournaisien incarcéré au Burkina Faso. Mais le porte-parole Arnaud Gaspart précise les conditions d’une procédure de transfèrement. "Pour qu’il y ait un transfèrement, il faut que le détenu se trouve dans l’un des pays avec lesquels la Belgique a un accord, précise-t-il. Il faut ensuite que le prisonnier fasse la demande expresse, qu’il reste 6 mois à purger et, enfin, que le délit pour lequel le détenu est emprisonné constitue également un délit dans notre pays. Pour tous ces éléments, c’est le parquet fédéral de Bruxelles qui est compétent." Là où ça coince pour le détenu tournaisien, c’est que le Burkina Faso ne fait pas partie de la quarantaine de pays hors UE avec lesquels la Belgique a des accords pour le transfèrement de détenus. Cela n’empêche pas Emmanuelle d’y croire et d’au moins d’espérer que son fils puisse bénéficier d’une libération conditionnelle le plus tôt possible.

Plus de 300 Belges en prison à l’étranger

Comme ce Tournaisien incarcéré au Burkina Faso, ils seraient 320 Belges dans des prisons à l’étranger. "Des statistiques jusqu’à début 2019 qui sont à prendre avec prudence, précise toutefois Arnaud Gaspart, le porte-parole des Affaires étrangères. Car nos services ne sont pas forcément au courant à chaque fois." Une grande partie de ces détenus recensés dans les prisons étrangères se trouve dans les pays limitrophes à la Belgique.

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