Tournai : deuxième jour de lutte contre une nappe d'hydrocarbures sur l'Escaut

Un barrage absorbant et du produit dispersant: les deux moyens de nettoyer l'Escaut après une pollution aux hydrocarbures.
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Un barrage absorbant et du produit dispersant: les deux moyens de nettoyer l'Escaut après une pollution aux hydrocarbures. - © Pierre Wuidart - RTBF

Pas une péniche à l’horizon à Tournai. Ce qui descend l’Escaut depuis dimanche, entre le pont de Vaulx et l’écluse de Kain, c’est une fine pellicule d’hydrocarbures. Une pollution qui a poussé les autorités à interdire la circulation des bateaux sur ce tronçon. Le nettoyage s’est poursuivi lundi. "On a installé un barrage de boudins absorbants en aval. Mais comme il n’y a pas beaucoup de courant, la nappe a tendance à stagner. Alors on répand du produit dispersant, à plusieurs endroits", explique le lieutenant Gilles Vanhoeck, de la zone de secours de Wallonie picarde.

Lundi encore, la protection civile a fait le déplacement pour venir en renfort des pompiers locaux. Depuis les berges avec leurs camions, mais aussi à bord de bateaux, les hommes de Crisnée ont aspergé l’Escaut de ce fameux produit dispersant, dont la fiche technique renseigne que c’est "un liquide spécialement conçu pour disperser les hydrocarbures à la surface de l’eau et les réduire en fines particules pour permettre une biodégradation accélérée."

Quand les péniches "dégazent"

L’origine de la pollution n’était pas encore clairement identifiée mardi. S’agit-il d’un rejet d’une entreprise voisine ou d’un bateau ? "Il arrive que des péniches dégazent. Elles larguent leur fond de réservoir dans la rivière pour éviter d’importants frais d’entretien auprès de sociétés spécialisées", nous dit un pompier. Sur la fréquence des pollutions, le Contrat de Rivière Escaut-Lys n’a pas de chiffres précis. Mais cet opérateur est souvent informé, par des riverains notamment. "On a eu une petite pollution d’hydrocarbures il y a quinze jours", explique Louis Brennet, chargé de communication au Contrat de Rivière. "Celle-ci est plus importante, mais heureusement, les secours ont vite réagi. Les dégâts devraient être limités".

Des cygnes touchés, mais pas coulés

La pollution a touché quelques oiseaux. Deux cygnes ont nagé en eaux troubles. Et ça peut nuire aux propriétés thermiques de leur plumage. Ils risquent donc d’attraper froid. Une association protectrice est venue sur place, mais visiblement, les oiseaux sont suffisamment vaillants pour poursuivre leur route. En tout cas, "ils ne sont pas affaiblis au point d’être facilement attrapés pour être bien nettoyés", nous explique Ludivine Meurisse, du Centre de revalidation des espèces animales vivant à l’état sauvage situé à Templeuve. Une équipe reviendra observer leur évolution mardi.

Mardi également, au matin, les services de secours feront le point pour décider de rouvrir ou non l’Escaut à la circulation des bateaux.

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