Tournai: des détenus dénoncent leurs conditions d'incarcération

Des détenus de la prison de Tournai expriment leur malaise suite aux trois suicides de détenus en moins d'un mois et demi. Ces détenus nous ont écrit. Ils parlent de leur vie carcérale : le manque de sanitaires, du travail payé parfois à 90 centimes de l'heure et la suppression de nombreuses activités par manque de personnel.

Au sein de la prison, il existe une commission de surveillance qui rencontre régulièrement les détenus. Dans cette commission, il y a chaque fois un médecin. A Tournai, c'est le Dr Luc Vuylstek. Il parle des problèmes de santé liés à ce manque de personnel. "On manque de personnel à tous points de vue. Dans le médical à Tournai, par exemple, le personnel infirmier est à 50% de ce qu’il devrait être. Les médecins ont un certain nombre d’heures de prestation et en-dehors de cela, ce sont les services d’urgence qui doivent intervenir, avec la lourdeur qu’impliquent les procédures de sécurité pour faire entrer un groupe extérieur."

Trois suicides en peu de temps

La question de la santé mentale aussi semble les interpeller. Il y a eu trois suicides en peu de temps. Les détenus nous parlent également de tentatives de suicide. Quelque chose qui arrive quand même souvent en prison, semble-t-il.

"Je ne connais pas la situation dans les autres prisons. Il faudrait voir un petit peu. A Tournai, c’est un phénomène qui est relativement récent, nous répond Luc Vuylstek. De l’avis du service médical en général, 30% des détenus ont des problèmes psychologiques qui devraient être suivis de façon plus spécialisée. Certains, entre guillemets, n’ont pas leur place là. Ils seraient mieux aux Marronniers qu’en prison, tout au moins dans une aile psychiatrique".

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