Thuin: une entreprise profite d'un flou juridique pour déboiser massivement, sans permis

Une entreprise venait de déboiser une partie du bois du Prince, sans permis (illustration).
Une entreprise venait de déboiser une partie du bois du Prince, sans permis (illustration). - © DR

Les habitants d'un quartier de Gozée ont interpellé la commune en début de semaine, parce qu'une entreprise venait de déboiser une partie du bois du Prince, alors qu'aucune demande de permis n'avait été introduite. L'entreprise semble jouer sur un flou juridique.

Le collège de Thuin a réagi en prenant une ordonnance de police pour interdire tout déboisement, le temps d'y voir plus clair.

Alors que tout propriétaire doit demander un permis pour abattre un arbre dans sa propriété, l'entreprise en question ne le fait pas. Son patron, connu dans le milieu forestier, démarche les particuliers. Il propose d'entretenir des parcelles en échange du bois. Et puis, il coupe quasiment tout, en laissant la souche de l'arbre, ce qui lui permet de respecter la législation.

"Manifestement, cette entreprise maîtrise très bien la législation. Le responsable n’a pas peur de me dire : 'Monsieur le bourgmestre, j’attaquerai en justice la Ville et je gagnerai !', explique Paul Furlan (PS), bourgmestre de Thuin. C’est vrai que la législation est un peu floue. J’ai donc suspendu les travaux. Je poserai des questions à l’administration et au ministre, parce que, si je laisse aller les choses – en s’apercevant qu’il fallait bien un permis après coup -, il n’y aura plus un arbre !"

À situation surréaliste, des réponses rapides

Paul Furlan veut des réponses rapides. Les services juridiques de la Ville étudie aussi le dossier. Mais si l'entreprise, comme elle le prétend, respecte la législation alors, pour Paul Furlan, il faut agir très vite et la changer.

"Je n’ose y penser… Il n’est pas envisageable qu’il faille un permis de la Ville pour abattre un petit pommier dans une propriété privée, mais qu’il n’en soit pas question pour abattre une forêt entière ! J’ose espérer que le ministre prendra ses responsabilités. Le cas échéant, on modifiera le code."

D'autant que, ces derniers temps, plusieurs autres communes ont, semble-t-il, été confrontées au même problème.

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