Thuin : la Saint-Roch fêtée "autrement" en cette période crise sanitaire

Au lieu des marches folkloriques traditionnelles composées de figurants costumés qui avancent au son des tambours et des fifres, les thudiniens ont dû changer leurs habitudes cette année. Les rassemblements sont interdits par un arrêté ministériel que font respecter les policiers alors, au pied du Beffroi, certains viennent écouter, avec distance, les chants folkloriques joués par le carillonneur avant d’entamer une marche entre copains. Nicolas Bohain et ses amis ont décidé de réaliser leur tour habituel. Ils appellent ça : " faire la Saint-Roch autrement ". "On essaie de faire notre Saint-Roch en respectant les normes de sécurité. Ce n’est pas évident, car il n’y a pas tous les copains, les tambours et les flambeaux, mais on essaie de faire comme on peut", explique-t-il.

Faire la Saint-Roch autrement, c’est aussi afficher une oriflamme à sa fenêtre, mettre son costume chez soi et jouer un petit air devant sa maison pour ses voisins comme Logan Sprimont. "La Saint-Roch, c’est un peu le nouvel an thudinien. On se rassemble, on est des milliers, quasiment 2000 marcheurs. Quand on se rassemble il y a le public, les forains, les enfants qui s’amusent, c’est assez dramatique qu’on ne puisse rien célébrer cette année".

Les louageurs à l’arrêt

5 images
Depuis 5 générations, la maison Leclercq fournit une partie des accessoires de la Saint-Roch à Thuin. © Tous droits réservés
Depuis 5 générations, la maison Leclercq fournit une partie des accessoires de la Saint-Roch à Thuin. © Tous droits réservés
Les deux louageuses cousent des masques avec des galons et des insignes des marches qu'elles vendent dans leur boutique située à Tarciennes. © Tous droits réservés

L’annulation de la marche est un drame pour les marcheurs, mais aussi pour les louageuses. Depuis 5 générations, la maison Leclercq fournit une partie des accessoires de la Saint-Roch à Thuin. Mélody et Thyphanie ont repris l’activité familiale cette année. Malheureusement pour elles, le carnet de commandes est resté vide et les costumes sont toujours accrochés. "Cette année aucun costume ne sortira, ils vont tous rester sur leurs penderies et tout risque de rester comme ça jusqu’à l’an prochain. On ne gagne pas un euro pour l’instant !", s’exprime Mélody Guyaux, louageuse à la Maison Leclercq.

Nostalgiques, Mélody et sa sœur Thyphanie observent les photos familiales des marches folkloriques de l’Entre Sambre et Meuse pour se donner du baume au cœur. "Normalement tout le monde se retrouve et se voit. Parfois, ce sont des gens qu’on n’a pas vus pendant un an. Et puis, comme il n’y a plus de café dans les villages, c’est l’unique occasion pour tout le monde de se retrouver", commente Thyphanie. "Les marches, c’est surtout la famille et les amis. C’est indescriptible, il faut vraiment le vivre pour comprendre ce que c’est", ajoute Mélody.

En attendant, les deux louageuses cousent des masques avec des galons et des insignes des marches qu’elles vendent dans leur boutique située à Tarciennes. Malgré leur déception, elles ont quand même un espoir, participer à au moins une marche cette année.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK