Terroriste ou pas ? Le tribunal correctionnel de Mons va devoir trancher

Mohammed B. comparaissait devant le tribunal correctionnel de Mons.
Mohammed B. comparaissait devant le tribunal correctionnel de Mons. - © Vincent Clérin

Mohammed B. est-il un terroriste ? C’est la question que devra trancher le tribunal correctionnel de Mons le 9 janvier prochain.

L’homme d’origine algérienne qui a résidé quelque temps dans la cité du Doudou  a comparu lundi matin devant les juges. Il est poursuivi pour avoir participé en qualité de dirigeant aux activités d’un groupe terroriste. En clair : on le soupçonne d’avoir combattu aux côtés des djihadistes de Jabhat al-Nosra, un groupe proche d’Al-Qaïda. Des faits pour lesquels il faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international et qui ont justifié son expulsion de Turquie où il avait refait sa vie ces derniers mois.

"Pas en Syrie pour jouer à la pétanque"

Mohammed B. a pris la direction de la Syrie au printemps 2014. Il ne le conteste pas. Mais le prévenu nie farouchement y être allé pour combattre. "Je ne me sentais plus à ma place en Belgique, a-t-il expliqué au tribunal. Je voulais soutenir mes frères."  

Une théorie humanitaire qui, pour le parquet fédéral, ne tient pas la route. Pour le procureur, il ne fait aucun doute que l’Algérien de 28 ans est un terroriste. "Lorsqu’il est arrivé en Syrie, il s’est dirigé vers Jabhat al-Nosra parce que ce groupe offrait plus d’argent que Daesh. Il s’est ensuite formé pendant 10 jours au maniement des armes. On lui a alors donné une kalachnikov et deux grenades. Ce n’était certainement pas pour aller jouer à la pétanque."

Entre 6 et 8 ans de prison

Le parquet s’appuie également sur les déclarations de l’ex-épouse du prévenu. Celle-ci a affirmé avoir été forcée d’accompagner son mari en Syrie avec son fils de 9 ans. Lequel aurait été formé sur place au maniement des armes.

Mais du côté de la défense, on rétorque que ces déclarations de l’ex-épouse sont des mensonges. Et qu’on ne peut dès lors pas en tenir compte. "En ce qui concerne la kalachnikov et les deux grenades, ça ne prouve en rien que mon client est un terroriste. Dans un contexte de guerre, tout le monde est armé", ajoute Me Gérald Castiaux, avocat du prévenu. 

La défense a donc demandé l’acquittement. Le parquet fédéral a, lui, requis une peine allant de 6 à 8 ans de prison, le prévenu étant en état de récidive (il a été condamné à 22 mois de prison en 2010 pour vols et stupéfiants).

Un jugement est attendu le 9 janvier prochain

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