Surendettement: les services de médiation sont submergés

Les services de médiation de dette sont submergés
Les services de médiation de dette sont submergés - © SISKA GREMMELPREZ - BELGA

Le nombre de Belges qui croulent sous les dettes ne cesse d'augmenter, et pourtant les services de médiation ont de moins en moins de moyens. Certains services ferment, comme récemment à Tournai. Les tribunaux du travail déjà submergé de dossiers de règlement collectif voient leurs moyens se réduire avec les économies voulues par le gouvernement fédéral. Et au final, les retards s'accumulent pour des personnes surendettées, déjà très fragilisées.

Le service de médiation des dettes de Charleroi a fait un choix. Devant l'explosion de l'endettement de la population, il limite le nombre de dossiers à traiter par semaine et par médiateur pour ne pas être submergé. C'est ce qu'explique Véronique Pisano, responsable du service: "Ces derniers temps, on voit de nouveau une affluence de personnes au sein du service. Nous ouvrons quatre nouveaux dossiers par semaine, par médiateur. Le délai d'attente était de 15 jours, il est passé à cinq semaines".

Effectifs réduits

L'allongement des délais est encore plus interpellant au niveau du tribunal du travail où se regroupent de plus en plus de cas qu'il n'est plus possible de régler à l'amiable.

"On est en moyenne à 150 dossiers par an. Au début de la loi, on était à 30 à 40 dossiers" poursuit Véronique Pisano. Et tous ces dossiers viennent devant le tribunal du travail qui est aujourd'hui déjà submergé et qui en plus va voir ses effectifs se réduire encore. Économie oblige, il ne restera bientôt que 18 magistrats au lieu des 21 aujourd'hui en fonction. Résultat: là aussi des délais qui s'allongent.

La présidente du tribunal du travail de Charleroi Dominique Moineaux précise: "On essaie vraiment, avec la meilleure volonté du monde, de faire face. En se rendant compte que, derrière le dossier, il y a des gens qui attendent, qui sont en difficulté. Et qu'on ajoute à leur difficulté en ne faisant pas face le plus rapidement possible. Mais il est vrai que les délais s'allongent". Et parfois de plusieurs mois. Avec des conséquences parfois dramatiques pour les personnes surendettées.

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