Stupeur aux assises du Hainaut : l'accusé se plaint d'un témoin sur un réseau social depuis sa prison

L'audience devant la cour d'assises du Hainaut a débuté, ce mercredi, par un incident relaté par Me Mayence. Yasin Driessens, accusé du meurtre de Romain Martin commis le 8 juillet 2018 à Châtelet, a eu accès à un réseau social sous le pseudonyme d'El Pacino et aurait fait des commentaires et proféré des menaces suite aux témoignages de mardi, dont celui de Pablo, auteur de coups et renvoyé devant le tribunal de la jeunesse.

L'accusé a d'abord contesté être l'auteur de ces écrits, bien que sa photo se trouve sur le profil en question. "Ce n'est pas moi", dit-il. C'est le témoignage de Pablo, le mineur qui a également porté des coups à Romain Martin, qui fait l'objet de la conversation sur le réseau social. Pablo a été renvoyé devant le tribunal de la jeunesse.

Interrogé par la présidente, l'accusé avoue avoir obtenu le prêt d'un téléphone en prison, mais il conteste avoir fait pression sur le témoin. "Cela a été fait hier soir. J'ai mis une publication et des gens ont réagi. C'était juste pour aller voir Pablo."

L'accusé dit qu'il a mal pris le témoignage de Pablo et demande à un autre internaute de l'appeler en privé. On ignore donc le contenu de cette conversation.

L'avocat général a souhaité la rédaction d'un procès-verbal et la fouille de la cellule de l'accusé. "Cela donne une certaine couleur à l'ensemble des débats. Je comprends un peu mieux l'émotion du témoin lors de son témoignage d'hier."

Jean-Philippe Mayence a souhaité des devoirs complémentaires. "On touche à la sécurité d'un procès pénal. Avant le procès, il y a déjà eu une série de choses. C'est la première fois de ma carrière que je vois un accusé faire des commentaires sur les réseaux sociaux en pleine procédure."

Le procès a été suspendu un bon quart d'heure pour permettre aux parties de prendre connaissance des pièces déposées.

À la reprise, les parties ont pu s'exprimer sur cette littérature de haut vol. Me Mayence n'a rien eu à rajouter. Pas plus que Me Deprez, l'autre partie civile.

L'avocat général est confronté pour la deuxième fois à ce genre de situation. "S'il devait se produire le moindre incident envers les témoins, on ne resterait pas là. Des devoirs d'enquête sont en cours".

Du côté de la défense, Me Lauvaux semble bien ennuyé par la situation. "Je m'interroge quand même sur l'arrivée de ces pièces à l'audience. Sur le fond, les termes utilisés sont graves. À aucun moment, notre client ne profère des menaces. Ce que les autres ont répondu n'est pas de son chef. Enfin, ce garçon a le sentiment de ne compter pour personne. Cela fait deux ans qu'il n'a reçu aucune visite, qu'il ne parle à personne. Il a appris hier soir que sa maman ne viendrait pas témoigner, ce qui l'a mis en colère". L'accusé, en pleurs, n'a pas souhaité s'exprimer et le procès a pu reprendre.
 

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