Sonaca Gosselies: crainte de restructuration

Sonaca, Gosselies
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Sonaca, Gosselies - © Luciano Arcangeli

Sonaca Gosselies, la perle aéronautique de Charleroi, annonce un conseil d'entreprise extraordinaire lundi prochain. La nouvelle ne laisse pas le personnel de l'entreprise indifférent et c'est bien normal. L'actualité annonce des jours noirs dans d'autres entreprises ( Proximus, NLMK,...) et donc, l'effet collatéral est bien présent. Il s'agit en fait pour le management de l'entreprise d'annoncer son plan stratégique pour les trois prochaines années. Un plan sollicité par le Conseil d'administration et par le comité stratégique du groupe, pour définir ce qui sera la politique managériale du groupe à l'horizon 2022.

En clair, il s'agit de la feuille de route, que les pilotes de la Sonaca devraient suivre pour anticiper et affronter les problèmes envisagés dans le futur. 

 

 

Conséquences sociales

On ne peut évidemment pas ignorer les conséquences que cette feuille de route pourrait avoir sur l'emploi dans l'usine de Gosselies. D'après nos informations, il y aura un impact, mais un impact limité. Il s'agit de limiter les départs et le cas échéant de les accompagner de mesures qui permettrait d'éviter les licenciements. Des mesures pour les départs volontaires, le non renouvellement de contrats à durée déterminée, l'arrêt d'unités obsolètes ou moins performantes comme la chaudronnerie qui emploie 15 à 20 personnes, sont évoqués dans les couloirs de l'entreprise. Mais rien d'établi ni de concret  à ce stade. Avec un chiffre d'affaires de 840 millions d'euros, le groupe n'a pas vraiment connu une année catastrophe, le plan de charge 2019 est annoncé comme conséquent et dense, et donc, limiter le nombre d'emplois peu paraître paradoxal. 

Nous avons joint plusieurs délégués syndicaux et la réponse de Pierre Sassi de la FGTB est limpide : " Oui, c'est évidemment paradoxal. Mais nous sommes attentifs et nous écouterons avec attention ce qui va nous être annoncé lundi matin. On ne peut pas reprocher à nos managers de prévoir notre futur. Et de prendre des mesures, certes. Mais pas sur le dos des travailleurs, certainement pas. "  

Un autre délégué, d'une autre couleur syndicale, est plus circonspect... : " Ce n'est pas normal. Les investissements, en Roumanie ( site destiné aux travaux sur les Airbus A320 ) et aux Etats-Unis, semblent poser des problèmes au management et provoquent des pertes pour le groupe. Le CEO est en train de réduire le personnel aux States, de 2200 emplois à quelques 1700 emplois. Ils nous disent que les ventes y sont bonnes, mais alors pourquoi réduire la masse salariale ? La crainte des gosseliens est de travailler et de réaliser des bénéfices pour combler les pertes d'autres infrastructures. On en saura plus lundi... ".  

Bernard Delvaux, le directeur général de Sonaca, que nous avons contacté cet arpès-midi, a précisé vouloir informer ses troupes avant de s'exprimer à la presse. 

 

 

 

Augmentation de capital

Une augmentation de capital est imminente et nécessaire pour financer de nouveaux investissements. C'est Gosselies et Sopecaero (une filiale) qui bénéficieront de cette manne. Il s'agit d'anticiper et d'améliorer la compétitivité de l'entreprise et surtout sa productivité. Le groupe est confronté aux pressions incessantes sur les prix pratiqués dans la construction et la maintenance du secteur aéronautique,  et sur les coûts de production toujours à la hausse. Sonaca promets de continuer à intéresser son personnel aux bons résultats. Mais on retrouve dès lors, l'interrogation et le paradoxe exprimé plus haut. Que va donc contenir ce fameux plan stratégique ? 

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