Soignies: après avoir distribué le courrier, il part à la recherche de trésors

Gérard Rouez arpente les champs à la recherche de trésors du passé
Gérard Rouez arpente les champs à la recherche de trésors du passé - © Charlotte Legrand

La période actuelle n’est pas trop mauvaise pour les chasseurs de trésors, en ce moment ces passionnés peuvent sonder les champs moissonnés pour détecter les éventuelles richesses cachées dans leurs entrailles. Mais pour ces chasseurs un peu particuliers, la période idéale c’est quand les champs ont été labourés.  À ce moment-là, le contenu du sol remonte un peu plus à la surface et devient donc plus facilement repérable.

Les endroits explorés ne sont pas choisis au hasard, après quelques recherches dans les livres, le chercheur va évidemment privilégier les secteurs qui ont eu rendez-vous avec l’histoire. 

Un ancien facteur

Gérard Rouet est l’un d’eux. Pensionné depuis quelques années après une carrière professionnelle à la Poste, Gérard Rouet a trouvé deux activités pour occuper son temps libre, la pêche aux poissons et la pêche aux trésors.

Pour pratiquer son passe-temps, notre ancien facteur chausse ses bottes et empoigne son détecteur de métaux, un appareil qui lui permet de repérer des objets enfouis jusqu’à 35 centimètres.  Précisons-le tout de suite, l'homme est conscient "d'être à la limite de la légalité".  Et il l'est effectivement, la législation étant très claire à ce sujet "Nul ne peut procéder à des sondages archéologiques ou à des fouilles sans l’autorisation préalable du Gouvernement ou de son délégué" (*).  Gérard Rouet n'exerce cependant jamais son activité sur des sites archéologiques reconnus.

S’il a choisi aujourd’hui d’arpenter les alentours du bois de Neufvilles, "c’est parce qu’il y a eu ici des passages romains, là un peu loin j’ai trouvé quelques morceaux, une fibule et un passant de harnais. Toutes les découvertes ne sont pas évidentes à identifier, je dois parfois faire quelques recherches avant de pouvoir mettre un nom sur mes trouvailles".

Quand il le peut, Gérard prévient le propriétaire ou l’exploitant du champs avant de s’y aventurer mais quand ce n’est pas possible et qu’il le voit arriver sur son tracteur, il va à sa rencontre pour lui expliquer ses activités.

Un peu de tout

Au niveau pratique, "je fais méthodiquement ligne par ligne pour ne pas oublier des zones". Après un an ½ de pratique de ce hobby, l’homme confie avoir trouvé une bonne centaine d’objets (monnaies, anneaux, boucles, boutons, des objets du premier et du deuxième empire,…). C’est gai parce qu’on se rend compte que des gens sont passés ici il y a des centaines d’années. Il y a des routes qui existent maintenant qui n’étaient pas là à l’époque mais souvent les emplacements où on trouve beaucoup d’objets sont une indication de la présence d’un lieu de passage à cet endroit.  Cet espace vert de prairies là je l’ai parcouru quatre ou cinq fois et j’y ai trouvé au moins une vingtaine de pièces de monnaie de toutes les époques. Dans un même champs on peut trouver des pièces qui datent de 1500, comme on peut en trouver une qui date de 1800 ou de 1900 parce que cet itinéraire a constitué un lieu de passage pendant des générations ".

Toutes les pièces ne sont cependant pas récupérables, Gérard Rouet évoque 70% de déchets "notamment les grandes pièces de 25 centimes avec un trou au milieu, elles sont en cupronickel et mangées par les acides. L’idéal c’est de trouver des pièces en argent ou en or. Elles n’ont pas été attaquées. Mais c’est beaucoup plus rare évidemment. J’ai trouvé quatre ou cinq pièces en argent mais rien en or sauf un bijou gaulois de 8mm".

Une passion qui se partage

Gérard Rouet consulte les sites internet et échange des informations sur les réseaux sociaux avec ceux qui partagent sa passion. Il constate que les Français sont plus friands que les belges de ces marques de l’histoire.

Ce chasseur de trésor ne pratique pas cette activité par soif du lucre mais simplement par passion. Les objets récoltés sont d’abord soigneusement nettoyés et identifiés avant d’être classés dans un album. Gérard Rouez est simplement un numismate qui descend sur le terrain.

(*) Extrait du Titre IV "De l'archéologie"  Chapitre III Art.237 du C.W.A.T.U.P.E. (Code wallon de l'Aménagement du Territoire, de l'Urbanisme, du Patrimoine et de l'Energie). 

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