Six ans de prison pour une tentative d'assassinat à coups de marteau à Farciennes

Le prévenu s'était rendu chez son rival amoureux et avait défoncé plusieurs portes avant de lui fracasser le crâne (illustration).
Le prévenu s'était rendu chez son rival amoureux et avait défoncé plusieurs portes avant de lui fracasser le crâne (illustration). - © Martin Poole - Getty Images

Le tribunal correctionnel de Charleroi a condamné mercredi un prévenu à six ans de prison ferme pour une tentative d'assassinat à coups de marteau. En décembre 2014, il s'était rendu chez son rival amoureux et avait défoncé plusieurs portes avant de lui fracasser le crâne. Son avocat avait plaidé l'acquittement sur base de la contrainte irrésistible.

Le 2 décembre 2014, Jonathan S., la victime, s'était rendu chez son ex-compagne. Il avait récupéré des affaires, en avait chipé d'autres et, selon le parquet, détérioré des sous-vêtements. Ayant appris cela, le nouvel amant, Bruno A., avait tenté de le joindre par téléphone. N'ayant pas obtenu de réponse, il s'était rendu à Farciennes au domicile de Jonathan S. Ce dernier ne lui avait pas ouvert car il prenait un bain. "J'ai senti que le capot de sa voiture était chaud et j'ai vu rouge. J'ai pris un marteau dans mon coffre à outil et j'ai défoncé sa porte", a reconnu le prévenu.

Selon le parquet, l'auteur a aperçu son rival, nu à l'étage, et l'a poursuivi jusque dans sa chambre, en défonçant une autre porte. Il lui a ensuite porté au moins quatre coups de marteau au crâne et d'autres dans le dos et au torse.

Vu l'arme, le nombre de coups et leur localisation, le substitut Lafosse a estimé que l'intention homicide était bien présente. En revanche, le ministère public a demandé la disqualification en tentative de meurtre, les faits n'ayant pas été prémédités selon lui. Il a donc requis une peine de cinq ans de prison avec sursis, vu l'absence d'antécédents du prévenu.

Me Gras, conseil de la victime, elle-même poursuivie pour vol et harcèlement, affirmait pour sa part que Bruno A. avait bien réfléchi son geste. "Mon client a dû s'enfuir dans le plus simple appareil et se réfugier chez un voisin. Mais il l'a encore poursuivi et a tenté de l'écraser avec sa voiture."

Selon la partie civile, Jonathan S. a été retrouvé dans une mare de sang et conserve des séquelles neurologiques.

Me Schonnartz, à la défense, a rappelé que son client, réputé calme et posé, ne s'était jamais interposé dans les faits supposés de harcèlement commis par Jonathan S. envers son ex-compagne. Mais que ce jour-là, après avoir tenté de le contacter à plusieurs reprises, Bruno A. a basculé et perdu son libre arbitre. A titre subsidiaire, Me Schonnartz demandait le rejet de l'intention homicide et la disqualification en coups et blessures sans préméditation.

Le tribunal a finalement rejeté cette contrainte irrésistible, le prévenu s'étant lui-même placé dans cette situation. Vu la localisation des coups et l'arme létale utilisée, l'intention homicide a été retenue. La préméditation a cependant été écartée. Il écope en définitive de six ans de prison ferme.

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