Saint-Ghislain: secondes sessions carabinées pour les étudiants de logopédie

92 étudiants sur 166 de la Haute Ecole Provinciale Condorcet de Saint-Ghislain doivent représenter une quinzaine d'examens, voire plus, en seconde session.
92 étudiants sur 166 de la Haute Ecole Provinciale Condorcet de Saint-Ghislain doivent représenter une quinzaine d'examens, voire plus, en seconde session. - © Céline Alaimo

Plus de la moitié des étudiants de 1ère année en section logopédie à la Haute Ecole Provinciale Condorcet de Saint-Ghislain doivent refaire près de 18 examens voire plus en seconde session, alors que seulement deux ou trois examens ont été ratés.  Et ce, même si la plupart des examens ont été brillamment réussis. La cause de ce problème ? Une mauvaise application par la Haute Ecole du Décret Paysage(*), mis en place cette année par le ministre de l’Enseignement supérieur en Fédération Wallonie-Bruxelles, Jean-Claude Marcourt.

92 étudiants de 1ère année de logopédie sur 166 sont dans une situation plus que problématique. En raison de deux ou trois échecs, plus de la moitié des élèves se retrouvent avec une quinzaine d'examens, voire plus, à repasser. La Haute Ecole Condorcet aurait mal interprété le Décret Paysage.

Par rapport au Décret Paysage, qu’est-ce cela signifie exactement ?

En réalité, dans le programme de l’année, les différents cours ont été regroupés en unités d'enseignement. Parmi ces cours, il y a entre autres des cours théoriques, des cours pratiques, des laboratoires, des travaux ou encore des stages. En appliquant le Décret Paysage, en vigueur depuis cette année, les élèves se voient contraints de réussir l’entièreté de l'unité d’enseignement avec une moyenne de 10/20 minimum, sous peine de devoir recommencer tous les cours de l'unité."Si cette cote n’est pas atteinte, alors l’étudiant doit repasser l’ensemble des cours. Par contre, si cette moyenne est obtenue pour l'unité d'enseignement, un échec ou l’autre dans les cours, que l'on appelle "activités d’apprentissage", n’entraveront aucunement la réussite de l’élève", explique Pascal Lambert, le Président-Directeur de la Haute Ecole. Il ajoute que le Décret Paysage a été appliqué à la lettre, comme l’a établi le ministre Jean-Claude Marcourt. Pourtant, à la suite de l’intervention de la députée cdh Véronique Waroux sur l’affaire au Parlement, le ministre Marcourt est très clair là-dessus et admet qu'une mauvaise interprétation du Décret ait été faite par la Haute Ecole Condorcet. Pascal Lambert, le directeur, se justifie comme suit : "globalement, il y a 20 à 30 % de réussites supplémentaires que l’année dernière en première session. Donc on est loin de la situation où les étudiants réussissent moins bien qu’avant. Si l’étudiant doit représenter dix ou quinze activités d’apprentissage, c’est qu’il a lui-même raté plusieurs unités d’enseignement".

La situation fait polémique

 L’affaire a surpris tant les parents que les élèves, qui voient leur année scolaire profondément mise à mal. Une maman d’une élève concernée aimerait comprendre pourquoi sa fille ainsi que d’autres étudiants se retrouvent dans cette situation. " Quand vous avez deux trois échecs et que vous devez en repasser 18, en quoi est-ce logique de représenter un examen pour lequel vous avez brillamment réussi ?" se demande-t-elle. Elle ajoute que l'application du Décret n’encourage plus les étudiants à réussir leurs examens avec de très bonnes notes, puisqu’ils seront amenés malgré tout à repasser l’entièreté de l’unité d’enseignement si elle n’est pas réussie avec une note de 10/20 maximum.

Des étudiants déçus et découragés

Une des élèves de logopédie se retrouvent avec vingt-six examens de passage. Elle a accepté de s’exprimer sur le sujet : "Le jour des résultats, j’ai eu la bonne surprise de voir que je devais repasser vingt-six examens. En regardant de plus près, je me suis rendue compte que normalement je n’en avais que six à repasser. Et là, je me retrouve avec vingt-six examens, ce qui est presque impossible à envisager avec une seconde session s’étalant sur dix jours. J’ai vingt et un an et j’avais vraiment l’espoir de passer en deuxième année. Je vais tout faire pour réussir, mes examens mais je suis découragée." Elle explique aussi qu’en 1ère année dans sa section de logopédie une des unités d’enseignement comprend neuf cours à elle-seule, donc lorsque l’étudiant n’atteint pas la moyenne de 10/20 pour l’unité, il doit d’emblée repasser ces neuf cours. La situation, pour le moins anormale, pose donc question.

(*) Le Décret Paysage: le Décret est la réforme la plus importante que l'Enseignement supérieur a connu depuis la réforme de Bologne en 2004. Ce Décret, mis en place cette année par le ministre de l'Enseignement supérieur en Fédération Wallonie-Bruxelles, Jean-Claude Marcourt, a pour objectif d'harmoniser le programme de l'enseignement supérieur en vue d'encourager la recherche et d'atteindre l'excellence. Ce Décret modifie donc tant les structures de l'enseignement que le programme des cours des étudiants.

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