Ruches décimées: "Il y a 20 ans, ce problème n'existait pas"

Chez Laurence Calimé, des milliers d'abeilles mortes jonchent le sol autour des ruches.
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Chez Laurence Calimé, des milliers d'abeilles mortes jonchent le sol autour des ruches. - © Benjamin Houx

Il ne fait pas bon être apiculteur à la campagne. C'est connu, les champs sont pulvérisés de pesticides, fongicides, herbicides, etc. Mais les abeilles ne supportent pas ces substances. Du coup, chaque année, des apiculteurs perdent des colonies complètes.

Laurence Calimé est apicultrice depuis 2015. Elle a perdu trois de ses six ruches. C'est la première fois que ça lui arrive mais elle sait que le problème est récurrent. "Il y a plusieurs causes mais la principale vient de l'agriculture intensive. Quand on voit les tracteurs pulvériser, on aimerait bien les arrêter. La différence, c'est que les agriculteurs vivent de leurs exploitations pendant que je suis une simple passionnée."

La faiblesse de ces insectes, c'est qu'ils n'ont pas la faculté de percevoir les produits qui sont toxiques pour eux. Quand les abeilles vont chercher de l'eau, elles arrivent sur un champs en pensant voir de la rosée et se servent. "L'ennui, c'est qu'elles ramènent de l'eau mélangée à des produits nocifs dans la ruche. Cette eau sert à nourrir la colonie et la contamination prend de l'ampleur assez vite", explique Laurence.

Edouard Therville est apiculteur depuis 35 ans. Il vit en centre-ville donc il ne connaît pas ce problème dont il entend souvent parler. "La difficulté pour résoudre cette affaire, c'est qu'il y a une économie agricole qui tourne. Ces produits sont utilisés pour améliorer les rendements", explique Edouard. "Pourtant, avant les années 2000, on n'avait quasiment pas de mortalité. Ça veut dire que les substances qui étaient pulvérisées sur les champs étaient moins toxiques."

Laurence vit à la campagne et Edouard en centre-ville. Mais ils ont tous les deux agencé leur jardin de manière à ce que leurs colonies aient de quoi se nourrir. "Une abeille recherche à manger toute l'année donc on essaie de mettre des plantations qui fleurissent à différents moments de l'année", explique l'apiculteur. "Mais ces petites bêtes volent jusqu'à trois kilomètres donc on ne peut pas tout contrôler."

Écoutez Edouard Therville sur la nocivité des produits pulvérisés.

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