Riverains inquiets à propos d'une éventuelle pollution aux PCB toxiques à Courcelles

Le broyeur de métaux dont il est question à Courcelles
Le broyeur de métaux dont il est question à Courcelles - © Google Street View

A Courcelles, de nombreux riverains sont impatients : ils attendent les résultats d’analyses toxicologiques pratiquées aux abords d’une entreprise qui broie des métaux. Il pourrait y avoir une pollution aux PCB, les polychlorobiphényles aussi appelés biphényles polychlorés, des substances hautement toxiques. Car, même si l’utilisation des PCB est interdite depuis des dizaines d’années, on en retrouve encore dans des grandes entreprises de recyclages de métaux.

Avant de broyer une voiture ou un vieil appareil, le PCB est retiré avec précaution. Mais, malgré cela, des résidus passent dans le broyeur, d’où l’inquiétude des riverains de ces entreprises comme, par exemple, à Courcelles. Un rapport toxicologique de l’université de Liège serait interpellant. Dans ce contexte, Caroline Taquin, la bourgmestre de Courcelles (MR), veut savoir si cette pollution est dangereuse : "Il est essentiel de pouvoir être certaine que la santé de mes citoyens n’est pas compromise. Et de leur donner une information la plus transparente possible."

Du côté des entreprises concernées, on dénonce. Si le dépassement des normes est confirmé, c’est aussi parce qu’elles sont inatteignables. Ces normes ont été durcies par le précédent gouvernement mais, selon le secteur, les fournisseurs des technologies permettant de diminuer cette pollution refuseraient de garantir leur efficacité. Cédric Slegers est le directeur adjoint de la confédération qui regroupe les entreprises de traitement des déchets et il affirme : "Il y a des constructeurs qui ne mettent pas sur papier qu’ils peuvent garantir atteindre ces normes. Or, apparemment, ces mêmes constructeurs auraient informé la Région wallonne comme quoi ils seraient capables de nous garantir ça. Donc, il y a un véritable problème de savoir comment atteindre ces normes."

D’ici quelques jours, la ministre wallonne de l’Environnement, Céline Tellier (Ecolo), devrait prendre attitude. Elle tiendra compte avant tout, nous dit-on, de la santé des riverains et de celle des travailleurs des entreprises concernées.

La fédération des entreprises de traitement de déchets précise, par ailleurs, qu’elle est demandeuse de toute solution pour diminuer la pollution. Mais il n’est pas question pour elle de délocaliser l’activité polluante ailleurs en Europe. La nouvelle norme imposée par la Région wallonne est la plus contraignante d’Europe où 270 broyeurs de métaux sont en activité.

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