Rive Gauche Charleroi: le secteur de la construction veut une réaction forte et rapide

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Nous avons évoqué le cas de ce travailleur kosovar, victime d'une chute sur le chantier Rive Gauche de Charleroi et qui se retrouve hospitalisé sans aucune couverture sociale, ni salaire, ni soutien des sociétés qui l'employaient sur le chantier.

La Confédération de la Construction dénonce depuis des mois cet état de fait et attire l'attention sur la dangerosité des chantiers et sur les pratiques en cours sur les chantiers belges. Pour Veronique Verbruggen, la porte-parole de la Confédération de la Construction : "Celui qui est responsable en premier lieu, c’est celui qui importe cette main d’œuvre étrangère. Ce sont des pourvoyeurs de main d’œuvre que l’on tolère. On le voit tous les jours qu’il y a des activités sur les chantiers, le week-end aussi. Pourquoi n’intervient-on pas ? Pourquoi n’y a-t-il pas de contrôles ? Pourquoi ne donne-t-on pas les armes pour lutter contre ça ? C’est vrai qu’il y a effectivement des mesures qui rendent responsable l’entreprise générale qui importe cette main d’œuvre mais, souvent, les documents dont disposent ces gens sont des documents européens qui sont légaux et c’est ça le drame. Lorsque nous demandons à l’Europe de nous munir d’armes pour lutter contre cette fraude, parce que c’est de la mise à disposition de personnel déguisée et de la traite d’êtres humains, on ne nous répond pas. Donc, il faut lutter tous ensemble parce que ce n’est plus un problème du secteur de la construction seul. D’autres secteurs sont confrontés avec ces situations et il faut dire tous ensemble stop à ce dumping social qui devient, effectivement, l’assassinat de certaines catégories de gens qui sont pris en otage. Et ça, on ne peut pas le tolérer : ni vous ni nous. "

45 OOO emplois

Le recours systématique au dumping social se chiffre aussi avec des nombres qui ne laisseront personne indifférent. D’après Véronique Verbruggen, la porte-parole de la Confédération de la Construction toujours, ce sont près de 45 000 emplois belges qui ont été perdus dans le secteur. Ce qui représente une manne d’un milliard cinq cent mille euros. Un chiffre qui compte tout. Les pertes au niveau des revenus des travailleurs, l’impact sur l’économie, l’impact sur la fiscalité, etc. Elle ajoute: "Il est inadmissible que nous restions sans réaction face à cette énormité. L’Europe ne nous donne pas les moyens de contrer ce carnage social. Tant que ces travailleurs ne seront pas couverts dans les pays où ils travaillent effectivement, en obligeant leurs employeurs à payer les taxes et les assurances, nous ne serons pas à l’abri de ce trafic d’êtres humains. Là, juste devant nos yeux, sur chaque chantier du centre de nos villes !"

Les problèmes soulevés sur le chantier carolo de "Rive Gauche" feront-ils un peu avancer le débat au niveau du pays tout entier ? Une prise de conscience urgente semble s’imposer. Mais rien n’indique que ce sera effectivement le cas.
 

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