Rive gauche à l'arrêt: la Ville de Charleroi dénonce les procédés utilisés

Le chantier Rive Gauche à l'arrêt
Le chantier Rive Gauche à l'arrêt - © rtbf.be - Daniel Barbieux

Le chantier du futur centre commercial Rive Gauche à Charleroi est totalement à l'arrêt depuis ce jeudi matin: les ouvriers ont en effet décidé de ne plus travailler, aussi longtemps que le problème des salaires impayés n'aura pas été réglé.

Le chantier occupe normalement 200 ouvriers de plusieurs nationalités, essentiellement gérés par la société italienne Edile C.M., en tant que sous-traitante. Il y a dix jours, le chef de chantier de la société avait été placé sous mandat d'arrêt pour traite d'êtres humains et infractions à la législation sociale et aux réglementations en matière de bien-être. Son mandat d'arrêt a été prolongé pour un mois mercredi.

Cette enquête faisait suite au mouvement de colère d'ouvriers égyptiens qui s'étaient réfugiés au sommet d'une grue du chantier, faute d'être payés. Une somme de 108 000 euros avait été débloquée en urgence.

Lundi soir, le responsable technique de la société Edile a été longuement entendu à son tour et inculpé pour les mêmes infractions, mais laissé en liberté. Une décision de justice a interdit à la société Edile C.M. d'encore pénétrer sur le chantier, a précisé mercredi le consortium Valens-Duchene, dont Edile C.M. est le sous-traitant. Valens-Duchene a également répété son intention de régulariser le problème des salaires impayés, qui s'élèveraient au total à 500 000 euros.

Ce jeudi matin, les ouvriers présents sur le chantier ont décidé d'arrêter le travail, dans l'attente d'une solution plus globale. La police, l'inspection sociale et l'auditorat du travail sont descendus sur place et s'y trouvaient toujours en fin de matinée.

La Ville de Charleroi dénonce les conditions de travail

Dans un communiqué publié ce jeudi après-midi, "la Ville de Charleroi dénonce fermement une situation intolérable sur les plans humain et social." Elle "tient à rappeler que le chantier dont il est question est à 100% aux mains d’opérateurs privés" et dit, par ailleurs, "avoir toutes les assurances que la situation a été prise en main et gérée de manière rapide et efficace par l’Auditeur du travail, la société momentanée Valens-Duchêne, et la S.A. Saint-Lambert. Elle appelle à la raison, le consortium Edile et s’associe à tous ceux qui exigent le paiement des salaires dus. En tant que pouvoir public, il est du devoir de la Ville de Charleroi de se tenir à l’écart d’une situation qui ne peut être gérée que par les acteurs précités plutôt que de céder à la pression sous le coup de l’émotion, à plus forte raison dans une problématique qui est du ressort exclusif du privé. La Ville de Charleroi tient enfin à souligner que, pour les chantiers qui relèvent directement de sa compétence, elle s’est investie, au sein du Comité de Développement Stratégique, à la finalisation d’une procédure contraignante, visant à lutter contre le dumping social et environnemental. Le projet devrait aboutir dans les prochaines semaines."

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