Report de la phase 5 du déconfinement : le secteur événementiel se sent lésé par rapport aux centres commerciaux

Report de la phase 5 du déconfinement : le secteur événementiel se sent lésé par rapport aux centres commerciaux
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Parmi les annonces attendues du prochain Conseil National de sécurité qui aura lieu ce jeudi, il y a le report de l'augmentation du nombre de personnes autorisées aux événements. La limite devrait rester à deux cents personnes en intérieur et quatre cents personnes en extérieur alors que beaucoup s'attendaient à pouvoir doubler ces chiffres. Insuffisant pour les organisateurs d'événements et les loueurs de salles. Le Lotto Mons Expo, par exemple, est fermé depuis quatre mois et le restera jusqu'à nouvel ordre. Son gérant se sent particulièrement lésé lorsqu’il constate que les centres commerciaux peuvent accueillir jusqu’à plusieurs milliers de personnes par jour dans des lieux fermés, comme ce serait le cas dans un salon professionnel ou une foire commerciale.

Selon lui, le secteur de l’événementiel est pourtant l’un de ceux les mieux préparés à respecter les règles sanitaires et notamment celles concernant le " tracing ", le traçage des personnes ayant été en contact avec un cas avéré de Coronavirus : "ce type de système existe déjà chez nous. Quand quelqu’un rentre ici, son ticket d’entrée nominatif est scanné, on peut dire à quelle heure il est rentré. Donc s’il faut contacter des personnes, nous on est capables de le faire. (…) Nous avons un système laser qui compte combien de personnes rentrent et sortent et qui peut nous dire à n’importe quel moment combien de personnes sont à l’intérieur" détaille-t-il.

Ces mesures, en complément du port du masque obligatoire et à la mise en place de circuits pour les visiteurs, permettraient selon lui d’organiser des événements de grande ampleur sans risquer de créer des foyers d’épidémie en Belgique. D’autant plus qu’à ses yeux des lieux fermés accueillent déjà plusieurs milliers de personnes par jour sans aucun " traçage " des visiteurs : les centres commerciaux. "Je ne trouve pas normal que l’on ne puisse pas ouvrir alors que lorsque que l’on prend l’exemple d’un centre commercial, les jours de forte affluence il y a quinze ou vingt mille personnes en intérieur. Les magasins sont semblables à des stands et on a aussi des stands de septante, quatre-vingts ou cent mètres carrés. Donc je ne vois pas pourquoi on nous empêche d’ouvrir alors que l’on peut offrir plus de sécurité" s’agace Hugo Schryers.

Un agacement partagé par plusieurs acteurs du secteur de l’événementiel, qui militent pour remettre en question la limite de deux cents ou quatre cents personnes en intérieur ou extérieur : "On reste bloqués sur des chiffres alors que nous sommes convaincus que ce n’est pas le nombre de personnes qui va déterminer si un évènement est sûr ou pas, c’est un ensemble de paramètres. Et donc on voudrait vraiment demander au politique de nous faire confiance. On a des protocoles, on a mis en place beaucoup de mesures et donc un événement de mille ou deux-milles personnes parfois pourraient être plus sécuritaire si les mesures sont correctement mises en place qu’un événement de trente personnes" ajoute Vinciane Morel, la porte-parole de l’alliance Belgian Event Federation.

Cette longue période de fermeture représente évidemment un énorme manque à gagner pour le secteur, septante-cinq pour-cent de ses revenus annuels sont déjà partis en fumée, pour un total de plus de cinq milliards d’euros.

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