Rentrée scolaire : certains parents préfèrent l'école à la maison

Retirer l'enfant du système scolaire peut creuser l'écart entre les élèves, selon la directrice de l'école Sainte-Marie de Mouscron (photo prétexte)
Retirer l'enfant du système scolaire peut creuser l'écart entre les élèves, selon la directrice de l'école Sainte-Marie de Mouscron (photo prétexte) - © LUDOVIC MARIN - AFP

Il reste précisément quatorze jours avant la rentrée des classes. Une rentrée 2020 qui se fera tout à fait normalement. En tous cas, aussi normalement que possible. Il n’est pas prévu de réduire le nombre d’élèves ou le nombre de jours de présence. Tous les élèves, en maternelle, en primaire et en secondaire devront être scolarisés cinq jours par semaine. Des mesures qui peuvent évidemment être adaptées, en fonction d’une éventuelle recrudescence de l’épidémie.

Toutefois, certains parents ont décidé de ne pas réinscrire leur enfant dans un établissement scolaire. Sur les réseaux sociaux, les idées circulent de privilégier l’école à domicile. Au cabinet de la ministre de l’enseignement Caroline Désir, on estime qu’il est encore un peu tôt pour évaluer s’il s’agit d’une réelle tendance de cette rentrée 2020. Pour la directrice de Sainte Marie à Mouscron, l’école doit rester un lieu de mixité : "L’école, c’est un endroit où les enfants se croisent, tous milieux confondus. Certaines familles auront peut-être l’opportunité d’organiser des cours à domicile, que l’un des deux parents ne travaille pas ou d’engager des précepteurs. Et puis, il y a d’autres familles qui n’auront pas ce choix-là. Je ne suis pas en train de dire que c’est mieux de rester à la maison avec un précepteur, je dis simplement que cela risque de créer des écarts de ce type-là."

Franchir le pas

A Mouscron, une famille y réfléchissait déjà depuis quelque temps et a décidé de passer le cap, au vu de l’expérience positive ressortie du confinement. "C’était un plaisir de passer du temps avec nos enfants. Cela n’a fait que confirmer notre volonté de nous lancer dans cette aventure pour un an" se réjouit cette maman, enseignante de formation. C’est elle qui va donc assurer elle-même l’enseignement à ses propres enfants, en partant de situation de terrain via des sorties dans la nature ou des visites culturelles. Les enfants resteront inscrits dans divers clubs sportifs, mouvements de jeunesse et académies de musique. L’idée est de permettre à leurs enfants de s’épanouir différemment. Un projet familial qui leur tient à cœur et mûrement réfléchit.

Ecole à domicile, pas si facile

Clairement, ce n’est pas une décision qui se prend à la légère. Il est loin d’être aisé de retirer son enfant du système scolaire traditionnel. D’ailleurs sur enseignement.be (site de la Fédération Wallonie Bruxelles) on peut lire ceci : "Si […] vous estimez que l’enseignement à domicile pourrait être opportun, vous devez introduire une demande de dérogation avec la déclaration d’enseignement à domicile". Ce type d’enseignement n’est donc pas formellement interdit. Mais il faut remettre un dossier solide pour prouver le suivi scolaire : listes des ouvrages utilisés, tickets de musée, inscription dans les clubs de sport, etc. Un inspecteur vient également vérifier le niveau scolaire des enfants à certaines périodes de l’année.

Montrer patte blanche, c’est la mission des parents qui veulent enseigner à leurs enfants.

Test de juin, grandeur nature en septembre

S’il y a pas mal d’incertitude concernant la rentrée scolaire, il y a aussi des certitudes. C’est ce que s’efforcent de rappeler les directions d’école. La directrice de l’Ecole Ste Marie de Mouscron reçoit beaucoup d’appels de parents pour savoir si les conditions sanitaires seront bien respectées à la rentrée : "Je m’attendais à ce que les parents soient un peu plus méfiants" explique Anne Simon. "Légitimement, les parents se posent la question de savoir si on va pouvoir assurer toute la sécurité dans les écoles. On est parvenu à mettre en place les mesures sanitaires en juin, mais on n’avait pas toute la population scolaire. C’est un autre défi, mais l’exercice du mois de juin nous a permis de mettre en place toute une série de stratégies. On a testé en petit en juin, on va essayer de l’appliquer en grand en septembre."

En septembre, qu’on enseigne à domicile ou de manière traditionnelle, le défi sera le même : faire grandir les enfants.

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