Rencontre avec l'écrivain marocain Tahar Ben Jelloun qui sera aux Inattendues à Tournai

Tahar Ben Jelloun au micro d'Isabelle Palmitessa ce jeudi soir à l'Hôpital Notre-Dame à la Rose à Lessines
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Tahar Ben Jelloun au micro d'Isabelle Palmitessa ce jeudi soir à l'Hôpital Notre-Dame à la Rose à Lessines - © Maison de la Culture de Tournai

Le grand écrivain marocain Tahar ben Jelloun est l’invité d’honneur du festival "Les Inattendues" ce week-end à Tournai, un festival où se mêlent musiciens, chanteurs et philosophes dans différentes formes d’échanges avec le public comme des lectures, des conférences, du théâtre et des concerts.

Le festival est placé cette année sous le signe de la rencontre entre Orient et Occident, de quoi inspirer Tahar Ben Jelloun, qui, depuis des décennies, utilise ses talents de conteur pour évoquer des thèmes difficiles comme le racisme, la condition de la femme et les dérives religieuses.

Avant ce rendez-vous, Tahar Ben Jelloun participait ce vendredi midi à la Maison Losseau à Mons à une lecture romanesque musicale de son œuvre. Ce spectacle qui est intitulé "Mariage de plaisir" (et dont la lecture est assurée par l’acteur français Nicolas Pignon) est le même que celui auquel participera l’écrivain ce week-end aux "Inattendues" à Tournai et qu’il a déjà proposé ce jeudi à l’hôpital Notre-Dame à la Rose de Lessines où nous avons pu le rencontrer.

Un homme engagé

Tahar Ben Jalloun est un homme engagé. Il vient d'accepter d'être administrateur de la Fondation pour un Islam de France, aux côté de Jean-Pierre Chevènement "J’ai pris des positions publiques dans les journaux, j’ai incité les musulmans à condamner ce qui se passe et quand on m’a demandé de figurer dans ce Conseil d’Administration, je ne pouvais pas me débiner et dire non ça ne m’intéresse pas, j’étais obligé d’y aller, je ne sais pas ce qu’on va faire mais on va essayer d’apaiser un peu les tensions mais surtout de faire un travail de fond sur le plan culturel. Ce n’est pas du tout une fondation religieuse, c’est une fondation laïque mais qui va mettre en avant les aspects culturels. On va montrer les choses positives qui existent dans la civilisation et la culture musulmane, on va essayer de faire connaître certaines choses, de lutter contre les préjugés. Il s’agit d’un travail collectif, nous allons donner des indications, nous espérons que d’autres personnes seront là pour le travail d’information et de savoir".

Les relations complexes entre l’Orient et l’Occident

"Cela n’a jamais été simple entre l’Orient, qui est un terme dans lequel on met beaucoup de choses, et l’Occident mais ce qui se passe aujourd’hui c’est plutôt entre l’Islam et l’Europe. La relation est un peu mauvaise parce qu’elle est partie sur de mauvaises bases, cela parce que certains ont détourné ou mal interprété l’Islam et se sont en plus attaqués à des innocents alors forcément il y a un malaise, une tension qui est très difficile à éradiquer et cela fait beaucoup de mal à l’Islam.

La part des choses

Mais pour Tahar Ben Jalloun l’évolution de la situation est entre les mains de chacun de nous "c’est chacun dans sa relation quotidienne avec le voisin, avec l’ami qui doit montrer que ces gens-là (les terroristes islamistes ndlr) n’ont rien à voir avec nous et que s’ils accomplissent ces horreurs c’est parce qu’ils sont manipulés pour détruire l’humanité".

Expliquer aux jeunes générations

Dans les situations anxiogènes que nous vivons en raison du terrorisme, la question de l’attitude vis-à-vis des enfants se pose "les enfants il faut leur dire la vérité, il faut savoir leur parler, confie Tahar Ben Jelloun, il faut choisir les mots, mais on ne peut pas leur mentir, leur faire croire que le monde est un long fleuve tranquille. Non!, il y a des injustices, il y a des horreurs, il y a des choses inadmissibles, inacceptables il faut qu’ils soient préparés à cela pour que le jour où ils sont confrontés à une difficulté ils puissent l’affronter. De toute manière, il vaut mieux que les informations soient filtrées par quelqu’un qui n’est pas malveillant, un parent ou un professeur, qui leur explique parce que, de toute façon, avec les réseaux sociaux et internet, ils vont être confrontés à ces informations. Il vaut donc mieux qu’ils soient bien informés pour éviter les dérives qui mènent certains à diriger leur colère vers des innocents".

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