Réforme de l'aide aux sans-abris: les associations bruxelloises craignent un effet pervers

La réforme du secteur de l'aide aux sans-abris est presque ficelée. Des changements qui font suite à l'affaire du Samusocial. Sauf que tous les changements ne plaisent pas. Un collectif de 80 associations de terrain dénonce notamment le futur "dossier social partagé" pour chaque sans-abri.

Pour le gouvernement régional, ce dossier doit faire entrer l'aide aux sans-abris dans le XXIème siècle. Il s'agit d'une sorte de carte d'identité en ligne, qui reprendra certaines données et qui sera accessible au personnel des associations d'aide lorsque le sans-abri les fréquente. De quoi faciliter les choses et réaliser des économies selon la Région.

Mais certaines associations de terrain craignent au contraire un effet pervers. "Ma crainte est surtout que l’usager perde la confiance dans le travailleur social car on ne sait pas où cette information va aller, explique Laurent d'Ursel, pour l'ASBL DoucheFlux. Par exemple, le fait que quelqu’un ait été renvoyé d’une association pour des faits de violence, qu’il/elle ait été violé(e), qu’il/elle ait telle maladie…"

"Faux", répond-on chez la ministre en charge de l'Aide social. Ce dossier partagé ne comportera que des infos objectives comme le nom, l'âge, la nationalité... Et en aucune manière des informations médicales ou psychologiques.

C'est vrai, à une exception près : il y a aura une case "pourquoi la personne est devenue sans-abri". "Et là, que va-t-on mettre comme information ?", se demande notre interlocuteur.

C'est encore un peu flou. Et selon Laurent d'Ursel, c'est là qu'on risque de retrouver des éléments confidentiels. "Cela ne va jamais marcher ! Un précaire, c’est quelqu’un qui est structurellement paranoïaque. Et le parano ne va jamais croire que tous les travailleurs sociaux de Bruxelles sont excellents."

Bref, pour ces associations, il y a d'autres moyens, moins risqués, pour obtenir une transmission d'infos efficaces entre acteurs de terrains.

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