Recours contre une mesure anti-mendicité à Tournai

Le débat sur la mendicité est loin d'être terminé à Tournai (illustration).
Le débat sur la mendicité est loin d'être terminé à Tournai (illustration). - © Flickr

Neuf associations ont déposé un recours en suspension et en annulation auprès du Conseil d'Etat contre une récente mesure prise par la ville de Tournai. 

Le 30 janvier dernier, le conseil communal de Tournai avait validé une proposition du collège PS-MR. Il s'agissait de permettre à la police de procéder à une arrestation administrative pour trois problématiques sur la voie publique : l’ivresse, la détention de chiens non-tenus en laisse ou de chiens dangereux non-muselés, et la mendicité. Cette arrestation ne serait possible qu'en cas de récidive.

Des élus socialistes - dont le bourgmestre empêché Rudy Demotte (PS) et des échevins - s'étaient abstenus et les trois élus Ecolo avaient émis un vote défavorable, mais une majorité de voix avait été largement atteinte. La proposition était donc approuvée. La mesure devrait être applicable dès le 15 mai prochain. 

Des associations de Tournai et de Wallonie picarde étaient aussitôt montées au créneau, estimant que les mendiants étaient surtout visés par la mesure.

Huit associations régionales ainsi que la Ligue des Droits de l'Homme viennent donc de passer à la vitesse supérieure. "Nous avons déposé un recours en suspension et en annulation devant le Conseil d'Etat. C'était le dernier jour aujourd'hui", explique Maxime Dogot, permanent au Centre d'information et d'éducation populaire (CIEP) de Wallonie picarde. "Le conseil communal ne peut pas prévoir ce genre de sanction dans son règlement général de police. Cette arrestation administrative a été votée pour empêcher la mendicité. C'est stigmatisant."

Ces associations rappellent que la mendicité n'est pas un crime selon la loi du 12 janvier 1993. "Nous ne sommes pas pour autant naïfs. Nous sommes conscients qu’il existe des dérangements publics causés par des personnes précarisées ou non dans le centre-ville de Tournai. Mais nous estimons que l’arrestation administrative ne constitue pas une solution appropriée en vue de répondre aux difficultés des personnes précarisées contraintes à la mendicité."

Les associations invitent les autorités communales à choisir une autre voie. "Une réelle volonté politique de lutter contre les causes de la précarité, associée à un travail de terrain impliquant l’ensemble des acteurs concernés par la lutte contre la pauvreté, est, nous en sommes convaincus, la meilleure solution pour améliorer la qualité du vivre ensemble à Tournai."

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