Quelles alternatives aux pesticides pour l'entretien des espaces publics ?

Les fossoyeurs de la commune de Thuin sont revenus à la binette pour entretenir les cimetières.
Les fossoyeurs de la commune de Thuin sont revenus à la binette pour entretenir les cimetières. - © Sarah Devaux

Utiliser des pesticides pour désherber, c’est terminé. Depuis le 1er juin, les produits phytosanitaires sont interdits dans les espaces publics de Wallonie. Alors comment les communes vont-elles s’y prendre pour venir à bout des mauvaises herbes ? Illustration à Thuin.

De l’huile de bras
C’est le dernier achat en date pour remplacer les pesticides : un désherbeur motorisé. "C’est un système de 6 disques qui arrachent les herbes à 3 centimètres de profondeur. C’est efficace mais pas pour les mauvaises herbes qui sont plus profondes ou mieux enracinées", nous explique Didier, l’un des fossoyeurs de la commune de Thuin. La binette est aussi utilisée. Mais aucune de ces alternatives n’est aussi efficace que les pesticides. "On est passé de 1500 mètres carrés traités à l’heure à 300 quand tout va bien donc quand on a fini un cimetière, on peut recommencer et à Thuin, il y en a 9, je vous laisse imaginer la quantité de travail."

La commune a donc décidé d’appeler des renforts. "Nous avons fait appel à une société privée de Lobbes qui met à notre disposition deux personnes dès qu’on les appelle pour donner un coup de main à nos fossoyeurs. Mais c’est clair qu’il y a plus de boulot. Avant, 3 pulvérisations par an c’était suffisant. Aujourd’hui, il faut recommencer tous les 15 jours ", précise Dave Baudoux, directeur du service travaux de Thuin

 

Une plus grande compréhension
Difficile dans ces conditions d’avoir des espaces verts sans aucune mauvaise herbe. Ici, le personnel communal fait ce qu’il peut pour se plier aux nouvelles règles environnementales mais les citoyens aussi doivent faire preuve de plus de souplesse. "Nous avons un effort à faire en développant des alternatives aux produits phyto mais de leur côté, les gens doivent admettre qu’un peu de verdure dans les cimetières ou sur les trottoirs, ce n’est pas catastrophique. Il faut qu’il y ait un changement des mentalités et on n’y est pas encore", explique Dave Baudoux.

On estime que pour obtenir le même résultat qu’avec les pesticides, il faudrait 4 fois + de personnel. Une option infinançable pour la plupart des communes wallonnes.

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