Quelle réaction du politique face au comportement d'entreprises comme Caterpillar?

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Illustration - © Google Street View

Dans le dossier Caterpillar, comme dans celui d’autres entreprises telles que DSV, anciennement UTI Logistics à Seneffe où 150 emplois sont menacés, les hommes et femmes politiques réagissent. Ils veulent mettre la pression sur les grandes sociétés pour limiter la casse. Mais quelle est, finalement, leur marge de manœuvre?

Elle semble très délicate comme nous l’a confirmé la bourgmestre de Seneffe, directement concernée donc par la restructuration chez DSV. Pour Bénédicte Pol (MR), "il faut de toute façon tout mettre en place pour attirer les entreprises chez nous, en créant un environnement favorable notamment en travaillant en concertation avec l‘intercommunale Idea qui gère les parcs d’activité économique dans la région du Centre. Cela dit, si on a un cadre trop rigide dans une région, il suffit pour les entreprises d’aller juste à côté. Et donc on est, à ce moment-là, plutôt un repoussoir des activités et on crée l’effet inverse : oui les personnes qui ont un emploi sont tout à fait sécurisées mais, par contre, il y a moins d’emplois. Tout le challenge est dans cet équilibre entre la contrainte et la flexibilité".

Calculer les risques

Jean Faniel, le directeur du Centre de Recherche et d’Information Socio-Politique, le CRISP, explique, lui, que nos gouvernements peuvent faire pression au niveau des aides publiques et peuvent nationaliser ou éventuellement exproprier comme il en a été question dans le dossier Caterpillar. Mais avec le risque bien réel de faire fuir les entreprises. Jean Faniel rappelle aussi que l’Europe peut jouer un rôle: "Il faut probablement qu’il y ait une politique fiscale qui soit plus concertée. Il faut probablement une politique sociale plus affirmée de l’union européenne et, dans une certaine mesure, il faudrait sans doute aussi une politique industrielle. Les syndicalistes, qui interpellent les institutions européennes, disent à cet égard que si l’on continue comme ça la Chine va produire de l’acier, les Etats-Unis vont avoir une industrie, mais l’Europe va se désindustrialiser progressivement".

On le voit, il faut donc que le monde politique fasse usage d'une bonne dose de diplomatie pour parvenir à garder une certaine fermeté dans des dossiers économiques complexes comme ceux-là.

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