Quaregnon: quand les mauvaises herbes envahissent les cimetières

Le cimetière de l'Egalité
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Le cimetière de l'Egalité - © Fabrice Vilain

Le cimetière de l'Égalité, à Quaregnon, pourrait être un beau point de chute pour les amateurs d'herbier. Il est, par endroits, envahi de mauvaises herbes. Certaines atteignent un mètre de haut. De nombreuses communes sont confrontées à ce type de problème. L'entretien des cimetières est devenu très compliqué, depuis qu'une directive européenne limite l'utilisation d'herbicides. Les solutions alternatives n'ont pas la même efficacité.

Amarante, mercuriale, capselle... Sous ces noms poétiques se cachent de redoutables mauvaises herbes. "Je n'en ai jamais vu autant, ici... Qu'est-ce que ça pousse vite !". Raymond et son épouse se promènent entre les tombes du cimetière. Ils font un peu de "nettoyage" aux abords des tombes de leurs proches. "Mais ça ne sert à rien, soupire Raymond. Il pleut ? Le soleil luit ? Et voilà, ça repousse à vitesse grand V ! Comme dans notre jardin !"

Ils n'en veulent pas aux ouvriers communaux, ni aux fossoyeurs. "À l'impossible nul n'est tenu !". Mais la directrice générale de la commune, Michela Mura, reçoit régulièrement des coups de téléphone de Quaregnonais se plaignant de la situation. "Il y a aussi des messages qui circulent sur les réseaux sociaux", poursuit-elle.

Depuis qu'une directive européenne limite l'utilisation des désherbants chimiques, la quantité de travail a sérieusement augmenté. "Avant, il suffisait de désherber le cimetière avec un désherbant total, on était parti pour six mois. Désormais, c'est trois semaines. Maximum !". L'entretien des cimetières a été adapté en conséquence : "On n'entretient plus que les allées. Plus les espaces entre les tombes, qui sont plutôt de la responsabilité des particuliers".

Oui, mais... Ces tombes qui semblent abandonnées, qui va les entretenir ? "Avant, nous le faisions. Nous pulvérisions un petit coup au passage, voyant que la tombe était abandonnée. Maintenant, ce n'est plus possible, donc la nature reprend ses droits. En particulier près des tombes laissées à l'abandon, on voit pousser toutes sortes de sauvageonnes comme je les appelle."

Les ouvriers ont déjà testé toute une série de méthodes alternatives, pour se débarrasser des mauvaises herbes. "Pas de remède miracle malheureusement... Ni l'eau chaude, ni les désherbants thermiques..."

Michela Mura prend un simple exemple : "Essayez de mettre le feu à une salade. Cela va prendre beaucoup de temps, se transformer en une sorte de jus, puis ça repoussera tout autour !".

Une personne sera bientôt engagée, à Quaregnon, "pour faire de la gestion différenciée", explique la directrice générale. En clair : identifier quelles zones peuvent être rendues à l'état "sauvage", et quelles zones réclament un passage plus soutenu des ouvriers (les cimetières par exemple).

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