Quaregnon: des "Ateliers geek" soutenus par Google

Dessins de Maverick
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Dessins de Maverick - © Charlotte Legrand

Une quinzaine de jeunes sont réunis à la Maison de Quartier de Wasmuel. Leur mission ? Créer un jeu vidéo en cinq jours. Le compte à rebours est lancé ! Certains se voient déjà pleins aux as, concepteurs de jeu vidéo à succès…

Casque sur les oreilles, Andro travaille à la bande-son du jeu vidéo. "Vous vous dites que je suis trop petit pour faire ça, sans doute ? Hé bien je fais au hasard, et ça fonctionne . Cela fait bien rire les autres, mais le résultat n’est pas mal du tout. "On a téléchargé le programme Orgue maker et grâce à cela on peut créer des musiques qui ressemblent très fort aux jeux vidéo rétro", nous explique Frédéric Visée, le responsable de la maison de quartier de Wasmuel.

"On a divisé le stage en différents ateliers". Logan se charge des présentations. "Donc là-bas, c’est la musique, là le fond d’écran, un groupe s'occupe de l'histoire et puis il y a les personnages". Des personnages, Maverick en a dessiné toute une série sur ses feuilles de brouillon. "Cette petite abeille sera le héros du jeu… Ces deux-là seront des ennemis…Voici les boss! Des petites bombes. Là, c’est un piège..." Maverick dessine sur papier.

Mathys et Simon travaillent sur ordinateur, à l’aide d’une tablette graphique. Une grande découverte, pour les garçons. "Ce n’est pas si facile qu’on le pense ! Là je dessine un obstacle, un bâtiment. Il faut calculer pour que cela tombe juste, faire des carrés avec la souris, puis se servir du crayon pour dessiner sur la tablette…"

Ils ont du pain sur la planche, d’ici vendredi ! "L’objectif est d’avoir d’ici là réalisé un jeu vidéo de A à Z", résume Geoffrey Mincke, éducateur à la maison de quartier et trésorier à l’asbl Plecq (Plan de Prévention et lutte contre l'exclusion à Quaregnon). "La plupart de ces jeunes de 8 à 16 ans jouent aux jeux vidéo, mais ici ils sont confrontés à l’envers du décor. L’idée est de provoquer chez eux une forme de créativité. Et pourquoi pas donner envie à ces jeunes de s’orienter, plus tard, vers des filières de programmation ou en rapport avec l’informatique ?"

Bref, ne pas diaboliser le jeu vidéo mais s’en servir à bon escient. "Il a toujours une image assez négative, vu comme un truc débilisant. On peut utiliser ce prétexte pour acquérir des compétences supplémentaires".

Le projet a bénéficié du soutien de Google. "En avril, on a proposé un projet via le Google data center et on a été sélectionné. C’était vraiment un très bonne nouvelle ! Nous avons déjà pu acheter des tablettes graphiques. C’est la première fois que nous en avons, et les jeunes adhèrent vraiment. Et ce n’est qu’un début, car le projet va se prolonger avec l’aide de Google. Ils vont nous permettre d’acquérir du matériel plus perfectionné. Nous, petite maison de quartier, nous pourrons devenir un lieu de référence au niveau des nouvelles technologies, c’est quand même une fierté ! Et cela peut donner une image beaucoup plus positive…"

Le soutien financier s'élève à plus de 8000 euros.

Il y aura donc d’autres éditions. "Avec, on l’espère, plus de filles parmi les inscrits ! Elles ne sont que deux cette fois-ci. Ce serait bien d’arriver à la parité, pour qu’une image moins machiste ne colle à l’informatique !"

L’appel est lancé.

En attendant, chaque groupe amène sa petite pierre à l’édifice. L’abeille-tueuse, les maisons-obstacles, le ciel plein d’étoiles sont déjà "bien avancés". Les "DJ" du jeu vidéo imaginent des jingles, des tapis, des bruitages pour chaque action. Le stage leur donne-t-il envie d’aller plus loin ?

"Moi ça pourrait me plaire, de réaliser des jeux vidéo, plus tard", nous confie Jonas. "Hé, on pourrait travailler ensemble ?", lui propose Giovanni. Ces deux-là se connaissent bien, ils passent des heures à jouer "en réseau", presque tous les jours. "On a déjà joué pendant… sept heures", avoue Jonas. "Oui mais c’était vraiment exceptionnel", précise son ami. Giovanni se voit bien, d’ici quelques années, concepteur de jeux vidéo. Mais attention. Des jeux vidéo à succès… "J’ai entendu dire que celui qui avait programmé mon jeu préféré, il venait de s’acheter une maison à 70 millions d’euros…il doit être riche !"

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