Quand les écoles sous-traitent l'achat et la location des manuels scolaires

"Rent a book" est le nom d’une asbl dont la raison d’être est, comme son nom l’indique, la location de bouquins. Née en 2013, l’asbl avait été mise sur pied afin de répondre à la demande d'un établissement scolaire, le Collège Saint-Augustin d’Enghien, qui souhaitait offrir une solution sur mesure à ses élèves pour la location et la vente des manuels scolaires.

Un gain de temps

La volonté de l’école de se défaire du service de location de manuels s’explique aisément: cela lui permet de se déresponsabiliser d’une organisation gourmande en temps et en personnel à un moment, la rentrée des classes, où l'ensemble du personnel est particulièrement sollicité.

"Pour eux c’est un gain, de temps, assure Grégory Bastiaens, fondateur de l'asbl "Rent a book". Les trois premières années axées sur les seuls besoins du Collège Saint-Augustin ont forgé notre expérience. Tout s’est enchaîné ensuite quand, en 2016, sans que nous devions démarcher, trois autres écoles nous ont contacté : le Collège Saint-Vincent à Soignies, l’Institut Saint Benoît, Saint Servais à Liège et le Collège Cardinal Mercier à Braine l’Alleud "

Depuis, d’autres écoles ont été séduites par ce type de service et ce sont au total treize écoles qui ont rejoint le système "Rent a book".  "Avec treize écoles, nous sommes arrivés à notre maximum, poursuit Grégory Bastiaens, étant donné que nos locaux ici (les locaux de "Rent a Book" sont actuellement installés à Saintes en Brabant Wallon, ndlr) ne nous permettent pas de stocker beaucoup plus . L’année prochaine nous souhaitons déménager pour nous installer dans de plus grands entrepôts, ce qui nous permettra de stocker plus et donc d’accueillir de nouvelles écoles dans le système".

Du côté des parents

À quelques jours de la rentrée une foule de sujets à traiter reviennent sur le tapis : de l’importance du sommeil et du petit déjeuner des enfants aux différents moyens de locomotion pour se rendre à l’école, en passant par le choix des baskets ou du cartable. On minimise souvent la portée d’un autre chapitre, le lourd contenu du cartable: les livres scolaires.

Chaque année c’est pourtant la même rengaine à la rentrée: il est impératif de se doter le plus rapidement possible de la liste des manuels scolaires préconisée par le titulaire.

Cela dépend des réseaux

Dans l’enseignement officiel, les élèves ne doivent pas se préoccuper de ce chapitre, l’école se chargeant généralement de distribuer les bouquins scolaires ou les photocopies nécessaires, moyennant une contribution.

Dans l’enseignement libre, par contre, les élèves sont tenus d’acheter ou de louer les manuels prescrits par leurs professeurs. Quand les écoles sont affiliées à un système tel que "Rent a book", la tâche des parents est considérablement simplifiée. L’asbl dispose en effet d’un site internet http://rentabook.be/ où en deux trois clics les parents ont accès aux références des bouquins nécessaires à leur progéniture.

Une fois sur le site, il suffit de sélectionner, sur le déroulant qui se présente, la case de l’école que votre enfant fréquente avant de choisir l’année et la section qu’il suivra : vous découvrirez alors la liste complète des livres qu’il lui faudra utiliser.

À vendre ou à louer

Devant cette liste, deux possibilités: soit le livre n’est proposé qu’à la vente, c’est le cas des livres comme les atlas ou les ouvrages de référence qui doivent être utilisés durant plusieurs années ou les manuels dans lesquels l’élève peut faire des exercices et indiquer les réponses. Soit le livre vous est proposé également à la location et, dans ce cas, en plus du montant de la location, une caution est demandée. "En juin, c’est beaucoup de logistique pour récupérer tous ces livres dans les écoles, poursuit le fondateur de l'asbl, les ramener ici (à Saintes ndlr), les reconditionner, parfois il faut remettre un morceau de collant pour que cela tienne parfois le livre est simplement déclassé, même s’il n’a que deux ans, parce qu’il n’est plus utilisable".

Un livre n’est de toute manière pas disponible à la location plus de quatre fois.

Pour l’instant la jeune structure n’est pas rentable "ça prend beaucoup de temps et nous développons tout, à savoir le site internet, la logistique,… et nous n’étions pas de ce milieu-là, nous sommes tous des bénévoles et donc pour l’instant nous n’en ressortons pas grand-chose mais nous croyons en l’avenir, cela fonctionne ailleurs pourquoi pas en Wallonie ? Je pense donc qu’à moyen terme nous atteindrons la rentabilité".

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Rent a Book, ce sont des milliers de bouquins à gérer pour les milliers d'élèves de treize écoles différentes. © Denis Vanderbrugge
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