Projet pilote "Déconstruction – Reconstruction" à Colfontaine

Site des Vanneaux aujourd'hui à l'abandon
Site des Vanneaux aujourd'hui à l'abandon - © Commune Colfontaine

Que faire des anciens sites miniers et des bâtiments, parfois en ruine, qui y sont construits ? Beaucoup de communes du Hainaut se posent cette question. Mais du côté de Colfontaine, sur le site de l'ancien charbonnage "Les Vanneaux", on a lancé un projet inédit de "Déconstruction – Construction".

Le but : démonter l’ancienne bâtisse, récupérer les matériaux, et reconstruire un nouveau bâtiment qui sera le futur centre administratif de la commune. 

 "Le principe est de réutiliser les matériaux présents sur le site", explique Marie Sophie Hubert, mandataire du projet et architecte pour le bureau Etau. "Soit en les utilisant dans leurs fonctions premières, soit via un réemploi dans une autre fonction. L’objectif est donc de réutiliser la matière dans sa totalité. Ne pas démolir et ensuite jeter. On considère les matériaux, présents sur place, comme une ressource pour leur redonner une seconde vie"

 Concrètement, 300 000 briques pourraient être réutilisables et le béton pourrait, par exemple, être utilisé pour les fondations. Mais ces matériaux doivent être contrôlés par des ingénieurs.

"Ces matériaux ont déjà eu une vie et certains n’ont plus toujours la qualité requise. Il faut donc les identifier, mais aussi déterminer le traitement pour une éventuelle transformation afin d’en déterminer leur usage. D’où l’importance des centres de recherches comme ‘’Terre et Pierre ‘’ ( NDLR : Centre de recherches agréé qui offre des expertises et analyses dans le cadre de transformation de déchets industriels)", explique l’architecte.

Objectif 100% recyclé

Mais, malgré cet objectif, le 100% recyclé est pratiquement impossible. "Il faut être créatif et voir, avec les matériaux que l’on a récupérés, ce que l’on peut faire. Quelle architecture peut-on proposer ? Quel bâtiment ? Mais on ne va pas parler de 100% parce que, sur le site, il y a de l’amiante et des déchets que l’on ne va pas utiliser", précise Madame Hubert.

Au niveau logistique, le gain est également positif écologiquement puisque moins de camions devront livrer des marchandises sur le chantier.

Reste à connaitre le budget d’un tel projet. "Il sera en partie financé par des subsides et la différence sera payée par la commune", annonce le bourgmestre Lucien D’Antonio. "Pour le moment, on a aucune idée du budget global mais on passera surement les 10 millions d’Euros. Le terrain n’ a lui couté que 100 000 euros et on peut déjà compter sur un montant d’un million d’Euro du FEDER ( NDLR : Fonds européen de développement régional) pour la déconstruction"

Il faudra encore plusieurs années pour finaliser ce projet, pionnier en Wallonie. Mais en cas de réussite, il pourrait être renouvelé ailleurs. Et enfin, il ne faut pas oublier l’aspect historique. L’utilisation de matériaux issus d’un bâtiment, mémoire d’une époque faste pour la région, a tout d'un symbole...

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK