Procès "Ville" à Charleroi: Lucien Cariat nie et Marc Parmentier ne comprend pas

Lucien Cariat à gauche, Marc Parmentier à droite
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Lucien Cariat à gauche, Marc Parmentier à droite - © Tous droits réservés

Le tribunal correctionnel de Charleroi a poursuivi l'examen du dossier "Ville de Charleroi", ce mercredi, en entendant l'ex-échevin de l'Environnement et des Finances Lucien Cariat. Poursuivi uniquement pour des faux PV de collège communal, le prévenu a reconnu la matérialité des faits mais nié toute intention frauduleuse.

Comme Jacques Van Gompel et l'ex-échevin Jean-Pol Demacq, le prévenu a reconnu l'existence de ces "collèges de signatures", pour lesquels les édiles ne se réunissaient pas physiquement et se contentaient de signer les procès verbaux, parfois sans consulter l'ordre du jour.

Selon Lucien Cariat, aucune décision politique ou stratégique n'était prise lors de ces collèges. Il s'agissait donc d'une mesure de facilité, sans aucune intention frauduleuse. Il conteste toutefois un paraphe, probablement imité par un de ses collègues, sur l'un des PV.

M. Cariat est également revenu sur une déclaration dans laquelle il expliquait qu'en général, les échevins ne voyaient pas l'ordre du jour et que Jacques Van Gompel ne demandait pas d'approbation des PV lors des collèges suivants. Il assure avoir été un échevin des Finances très strict, ce qui lui a valu des conflits avec Claude Despiegeleer. "Pas parce qu'il détournait de l'argent, mais parce qu'il travaillait toujours dans la précipitation. Comme pour le centre des pompiers de Jumet qu'il avait fait construire sans permis de bâtir", a-t-il ajouté.

Marc Parmentier également auditionné

L'ex-échevin des Bâtiments et du Logement de Charleroi, Marc Parmentier, a comparu lui aussi ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Charleroi dans le cadre du dossier Ville. Il est poursuivi pour des faux bons de commande et des signatures de PV de collèges fantômes. Il explique avoir pris le relais de Claude Despiegeleer après son arrestation, sans être compétent pour ses attributions.

Marc Parmentier est entré en fonction comme échevin des Bâtiments et du Logement en 2005, en remplacement de Claude Despiegeleer qui venait d'être arrêté. Il reconnaît avoir embrassé ces fonctions sans en avoir eu les compétences, lui qui était tourné vers le social et qui visait un poste de président du CPAS. Il déclare ainsi : "Je n'y connaissais rien en marchés publics.
J'ai fait confiance à l'administration
." . Lors de son arrivée au collège communal, Marc Parmentier a demandé en urgence l'aménagement de la Maison du Logement afin d'y installer ses bureaux,
et ce en vue d'une visite ministérielle. Mais les travaux effectués, pour plus de 300 000 euros, n'ont pas été soumis à un appel d'offres et ont fait l'objet de faux bons de commande. Selon l'ex-directeur adjoint des Bâtiments, Marc Parmentier était au courant des "casseroles de Despi" et donc des erreurs à éviter. Il aurait même ajouté "qu'il commençait sa carrière en commettant des faux", ce que l'ex-échevin nie. Il explique par contre qu'il signait en moyenne 70 bons de commande par jour, sans les comprendre, et que les faux ont dû se retrouver dans le tas sans qu'il s'en aperçoive. "C'est Jean-Jacques Viseur, qui est devenu bourgmestre par la suite, qui m'a expliqué la véritable procédure légale, mais bien après les faits. Si j'avais su, j'aurais agi de la sorte", a ajouté Marc Parmentier qui précise avoir fait effectuer ces travaux dans l'urgence. Pour ce qui est des PV de collège fantôme, il explique également "avoir fait comme les autres", sans s'apercevoir qu'il commettait des faux.

Suite des auditions ce jeudi.

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