Près de 70% des bénéficiaires de microcrédits sont des étrangers s'installant chez nous

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Illustration - © Belga - Virginie Lefour

La septième édition de la semaine du microcrédit se termine. Une semaine qui a permis de mettre en avant ce système de prêt destiné aux indépendants qui veulent lancer leur petite entreprise et qui n’ont pas accès aux prêts bancaires classiques.

Microstart est ainsi une coopérative à finalité sociale et elle propose ce type d’aide aux particuliers qui souhaitent se lancer dans l'entreprenariat. Pour David Taquin, conseiller chez Microstart Hainaut, " 68% de nos clients sont d’origine étrangère, hors Europe. Et donc on se rend compte qu’ils ont du mal à trouver du financement ou tout simplement à comprendre notre système en Belgique qui est, mine de rien, compliqué. Donc, nous on est là aussi pour les accompagner et les aider à se lancer dans leur activité. Un des critères pour venir chez nous, c’est d’avoir essayé dans la filière traditionnelle. On n’est pas là pour remplacer une banque. Ils sont au chômage ou dans des situations qui les bloquent en banque. Il y a beaucoup de communautés qui se lancent dans l’HORECA, le transport, la construction et donc c’est très bloquant en banque. On ne peut pas se permettre de dire oui à tous les dossiers mais on analyse au cas par cas. On a un filtre qui est moins important qu’une banque traditionnelle. Par contre, on va regarder si le projet va permettre à son auteur d’en vivre à court terme. On ne fait pas du crédit pour faire du crédit. On n’est pas une société commerciale en tant que telle. Donc on va vraiment regarder le porteur du projet, son projet et après aussi l’adéquation entre les deux. "

Aussi un facteur d'intégration

Pour Rachid Talbi, responsable de projet au centre d'intégration des personnes étrangères à La Louvière, créer sa propre activité est notamment une piste intéressante pour aider les personnes qui arrivent dans notre pays à s’intégrer. Pour lui, "Ca reste une piste pour l‘accès à l’emploi vu la discrimination qui existe. Donc, ils ont aussi un frein par rapport à l’équivalence des diplômes car ils ont des compétences et des diplômes qui ne sont pas reconnus en Belgique. Et la procédure est très lourde. Donc ce qui reste, c’est la création de leur propre emploi parce que ce sont des personnes qui ont des compétences dans leur pays d’origine. Peut-être qu’ils ont déjà exercé une fonction entreprenariale notamment un commerce. Dès qu’ils arrivent dans leur pays d’accueil ici en Belgique, ça reste leur unique possibilité. Notre public a du mal à accéder aux banques parce qu’il n’y a pas de garantie derrière et, parfois, ils ne sont pas solvables. Mais les opérateurs comme Microstart leur proposent un crédit social qui pourrait leur permettre en tous cas de se se lancer en tant qu’indépendant. "

La semaine du microcrédit, c’était toute cette semaine à Charleroi.

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