Première en Belgique: une auto-école sociale à Marcinelle

Le simulateur de conduite
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Le simulateur de conduite - © asbl Le Chantier

La première auto-école sociale de Belgique a été présentée ce lundi à Marcinelle (Charleroi). Elle est due à l'initiative d'une ASBL de formation professionnelle qui a décidé d'ajouter ce cours à ceux qu'elle dispense actuellement. Elle le fait en partenariat avec le Forem et la Région wallonne. Le principe est simple : permettre aux gens à bas revenus, éloignés de l'emploi, de passer à un moindre coût leur permis de conduire. Cela leur permettra de retrouver plus rapidement un travail, puisque c'est aujourd'hui la condition principale pour décrocher un job.

Née en 1983, l'ASBL "Chantier" a pour objet de lutter contre l'exclusion sociale, en proposant des parcours de formation à des jeunes adultes exclus de l'emploi. Ces formations concernent les domaines du service aux personnes, de l'enfance-éducation, et du bâtiment, des formations accompagnées d'un encadrement psycho-social.

Mais ses responsables ont fait un double constat :

  • Parmi les candidats à l'emploi, trop nombreux sont ceux qui ne disposent pas d'un permis de conduire, ce qui constituerait un atout supplémentaire dans leur recherche d'emploi
  • Le coût des permis de conduire dans des auto-écoles traditionnelles atteint des montants trop élevés pour être accessibles à des demandeurs d'emploi ou des bénéficiaires du revenu d'intégration sociale.

Selon une étude du Forem, les opportunités d'insertion d'un public éloigné de l'emploi ne sont que de 16% s'il ne dispose ni d'un diplôme du secondaire, ni d'une expérience, ni d'un permis de conduire.

En proposant cette formation au permis de conduire B à des conditions financières plus abordables, l'asbl "Chantier" vise ce public à bas revenus. Grâce à des accords notamment passés avec plusieurs CPAS de la région de Charleroi, et à des coûts étudiés au cas par cas, ils peuvent faire l'objet d'interventions d'organismes privés, et d'un "crédit social accompagné", concédé par une coopérative sociale.

Une auto-école à part entière ?

Il faut compter en moyenne entre 1 400 et 2 000 euros pour apprendre à conduire en auto-école. Pour beaucoup de demandeurs d'emploi peu ou pas qualifiés, en particulier ceux qui sont au revenu minimum d'insertion, c'est tout simplement impossible à financer.

Or, sans ce précieux permis B, les rares emplois disponibles risquent de leur passer sous le nez. C'est le constat de Pierre Moreau, directeur de l'ASBL de formation professionnelle Chantiers, qui vient de créer une auto-école sociale : "Depuis plusieurs années, nous constatons que le fait de ne pas disposer de permis de conduire constitue un véritable handicap. Ceux qui terminent la formation chez nous et qui, en plus, ont leur permis de conduire, presque à tous les cas réussissent à se faire engager et ce n’est pas le cas des autres. Et donc, nous avons décidé finalement d’organiser nous-mêmes une formation au permis de conduire et nous faire reconnaître comme auto-école. Nous formons donc nos propres stagiaires mais nous sommes aussi à la disposition de tous les organismes d’insertion et de formation de la région pour qu’ils puissent venir chez nous pour se former. N'étant pas reconnus en auto-école sociale, ils n’ont pas de véhicule spécial adapté, ils n’ont pas les moniteurs brevetés, etc."

Cette auto-école sociale est une première en Belgique alors que de telles initiatives existent en France depuis 2002.

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