Pourquoi le tumulus gallo-romain de Marcinelle est-il en si mauvais état ?

Si vous êtes de la région, vous connaissez peut-être la rue de la Tombe à Marcinelle. Mais vous ignorez sans doute pourquoi elle s’appelle comme cela. Eh bien c’est parce qu’à l’arrière d’un jardin privé se trouve un tumulus, un monticule de terre qui surmonte une tombe gallo-romaine. Un monument funéraire qui date du deuxième siècle et qui est inscrit au patrimoine depuis 1992. Il s’agit d’un témoignage important de l’occupation de Charleroi il y a 2.000 ans. L’endroit, pourtant, fait peine à voir. Envahi par la végétation, le tumulus de Marcinelle est totalement oublié.

Jules César aurait déclaré que "De tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves". C’était il y a deux mille ans et depuis, en Belgique, il y a eu le fédéralisme. Avec, au milieu de celui-ci, la tombe des Gallo-Romains propriétaires d’une villa à Marcinelle. Envahie par la végétation, elle semble oubliée de tous sauf, peut-être, du conseiller communal Défi Jean-Noël Gillard qui a interpellé les autorités récemment à ce sujet. Il explique : "Il y a un imbroglio juridique total. C’est-à-dire que le site apparemment appartient à l’état fédéral, que derrière ça la Région wallonne serait en charge de l’entretien et le site se trouve sur le territoire de la ville de Charleroi. Et donc on se retrouve confronté à plusieurs autorités publiques qui se renvoient la patate chaude d’une certaine manière."

La réponse de l’échevin du patrimoine de Charleroi, Thomas Parmentier (PS), a été laconique : ce témoignage millénaire n’est pas du ressort de la Ville. Aléa jacta est.

Le site est pourtant bien connu du cercle d’archéologie de Charleroi dont Dominique Van Geesbergen est l’un des membres : "C’est la société archéologique de Charleroi qui a fouillé le site au 19e siècle. Dans la région ici, c’est vraiment le seul tumulus qui est conservé. Les autres ont en général été arasés au cours des siècles et c’est vrai que celui-ci est un peu exceptionnel dans la région de Charleroi oui."


Faute de réaction au niveau local, Jean-Noël Gillard compte interpeller les autres niveaux de pouvoirs compétents ipso facto.

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