Grève des trains : ce n'est pas un problème pour tout le monde

Marc habite depuis un an à côté de la gare d'Havré près de Mons
Marc habite depuis un an à côté de la gare d'Havré près de Mons - © M.Delporte

Quand on habite à côté d’une petite gare abandonnée, sur le parcours de la très fréquentée dorsale wallonne, une grève de 48 heures peut paraître une aubaine.

Plus de train, plus de sonnerie, plus de file au passage à niveau. C’est vrai que la vie change pour les voisins de la gare d’Havré "C’est plus calme" explique Lydia, qui habite le long de la voie ferrée depuis plus de 40 ans, "quand un express passe, d’habitude, on n’entend pas bien le son de la télé. Ça ne dure que quelques secondes, en fait, on n’y prête absolument pas attention."

Son voisin direct, Jean, a passé toute sa carrière chez Boël, alors le bruit, pensez bien, ça ne le dérange nullement "Je ne les entends plus les trains, et même ils me manquent un peu les trains en ce moment, mais je crois que c’est la surdité qui commence, j’ai travaillé dans le bruit pendant 25 ans ".

Aurelio, lui, habite ici depuis quinze ans. "Au début c’est vrai, j’étais dérangé par le bruit des trains sur les rails, ça faisait tac tac tac, comme des coups de marteau sur chaque joint, maintenant je ne les entend plus. Ils ont même changé la sonnette l’an dernier. Avant elle nous cassait les oreilles, maintenant elle est plus discrète, mais on l’entend quand même toujours aussi bien".

"Je ne vais pas me plaindre"

Le plus soulagé, c’est encore Marc. Un an qu’il a emménagé dans cette maison juste à côté du passage à niveau. Et le bruit, il ne s’y fait pas. "Pas tellement le bruit des trains en fait, mais celui des automobilistes coincés dans la file au passage à niveau, c’est fou ce qu’ils sont bruyants. En plus ma chambre est face à la rue, alors je les entends bien. Ce matin, un train est passé à 5H40, je l’ai bien entendu, j’étais même étonné. Puis plus rien. C’est vrai que je ne vais pas m’en plaindre. Je suis pensionné, j’ai une voiture, moi les grèves, ça ne me dérange pas. Mais je comprends que c’est un problème pour les écoliers, pour leurs parents et pour ceux qui travaillent. Cela dit, c’est d’abord un problème pour les cheminots, et je crois que c’est normal qu’ils défendent leur croûte."

Un peu plus loin, le jardin de Jean-Paul et Géraldine, pensionnés tous les deux, donne directement sur les rails : "C’est calme, hein, ce matin, on est occupés à des travaux de nettoyage, mais ça nous manque le passage des trains. Habiter près d’une gare, c’était un choix pour nous. On a l’habitude d’être bercés, même dorlotés par le bruit des trains. Quand des amis viennent manger, ils sursautent parfois au passage des wagons, c’est vrai que ça tremble un peu… mais nous, franchement, on ne les entend plus. Et pour l’instant on a encore une voiture, donc on ne ressent pas les inconvénients de la grève, mais plus tard, lorsque nous aurons besoin des transports en commun, on sera fâchés si des petits arrêts comme le nôtre sont abandonnés. Déjà on n’a plus de gare…"

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