Plainte de Marie-Christine Marghem : les deux permanents syndicaux poursuivis pour diffamation sont acquittés

Plainte de Marie-Christine Marghem : les deux permanents syndicaux sont acquittés
Plainte de Marie-Christine Marghem : les deux permanents syndicaux sont acquittés - © © Belga- Nicolas Maeterlinck

Le tribunal correctionnel du Hainaut, division de Tournai, a acquitté lundi deux permanents syndicaux qui s'étaient rendus chez la ministre fédérale de l'Energie et de l'Environnement Marie-Christine Marghem à Tournai dans le cadre d'une campagne intitulée "Fraude à la Une" en vue de dénoncer la chasse aux chômeurs lancée par le gouvernement fédéral en 2015.

"La CSC se félicite du jugement rendu aujourd'hui par le tribunal correctionnel de Tournai qui acquitte deux permanents de la CSC opposés à la ministre de l'Energie et de l'Environnement", a déclaré le syndicat.

Le ministère public avait requis l'acquittement des deux employés de la CSC poursuivis après une plainte déposée par la ministre fédérale de l'Energie, Marie-Christine Marghem, pour calomnie et diffamation.

Le 5 juin 2015, deux employés de la CSC s'étaient présentés au domicile privé de la ministre en se faisant passer pour des employés de l'Onem venus effectuer un petit contrôle. Le but des syndicalistes, qui ont filmé la scène, était de dénoncer une mesure prise par le gouvernement visant à contrôler les fraudes au chômage.

Les employés ont réalisé six capsules chez plusieurs personnalités politiques du MR et du CDH, qui avaient soutenu cette mesure, mais seule la ministre de l'Energie a déposé une plainte, estimant avoir été humiliée, ainsi que son compagnon. "Le but du film est de faire passer un message, d'insinuer que Marie-Christine Marghem a détourné de l'argent public pour son confort personnel", avait déclaré l'avocate de la ministre.

Même si le procureur du roi n'avait rien trouvé de drôle dans cette vidéo diffusée sur internet, il n'y retrouvait aucune intention méchante. "Il faut tenir compte de la liberté d'expression prévue dans la convention européenne des droits de l'homme", dit-il.

Lundi, le tribunal a acquitté les deux syndicalistes. "Ce jugement est l'occasion pour la CSC de rappeler ses critiques concernant les visites inopinées par les autorités publiques au domicile des demandeurs d'emploi pour contrôler leur situation familiale. Des visites qui s'accompagnent souvent d'échanges automatiques de données relatives au domicile entre la police et les services de l'inspection sociale et de transmission automatique des données de consommation d'énergie considérée comme anormale. La CSC déplore que la susceptibilité de la ministre l'ait conduite à saisir inutilement la justice (déjà surchargée). La CSC se félicite toutefois de ce que ce jugement confirme la pertinence de l'organisation d'actions syndicales dites alternatives. La liberté de mobilisation ne se limitant évidemment pas aux grèves ou aux grandes manifestations", indique le syndicat par communiqué.

Archives : Journal télévisé du 16/09/2015

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