Pénurie de chauffeurs dans les transports routiers, plus de 5000 emplois vacants

La Febetra, la Fédération royale belge des Transporteurs et des Prestataires de services logistiques, ne sait plus à quels saints se vouer, chaque jour, la liste de demande de chauffeurs routier augmente à une vitesse vertigineuse. Il y aurait aujourd’hui près de 5000 emplois vacants dans le secteur et les candidats se comptent sur les doigts de la main… Pour quelles raisons ? Isabelle de Maegt, la porte-parole de la Febetra : "Le problème prend de l’ampleur chaque semaine, et nos transporteurs ont vraiment du mal à trouver des chauffeurs. Le problème est national, pas forcément lié à une région. Il faut trouver des solutions et activer un plan de recrutement, parce que le métier est porteur d’emplois, et la demande de service croît à la même vitesse…"

Charger, rouler, transporter, décharger, rencontrer les clients, reprendre la route, c’est l’univers au quotidien de Thomas Pussenier, il a choisi ce métier par passion parce que depuis qu'il est enfant, les camions…, les engins imposants font partie de son univers. "J’aime mon métier, j’aime le contact client, j’aime la route et la diversité qui se présente chaque jour. C’est clair que c’est un métier ou il faut en vouloir, se lever tôt et faire des heures, mais moi, j’ai grandi dans une ferme, j’ai toujours aimé les engins imposants, c’est vraiment mon univers et conduire mon camion, cela me rend heureux…"

Thomas Fadel gère Full Logistics à Thuin, chaque jour des dizaines de camions quittent cette base hennuyère et transportent les repas des collectivités, des hôpitaux, des écoles, des maisons de repos, dans tout le pays. Un challenge au quotidien que mènent les chauffeurs de poids lourds
mais aussi toute l’équipe logistique qui les suit, kilomètre par kilomètre… "C’est clair que nous essayons de garder nos chauffeurs et surtout d’en recruter chaque jour, mais notre métier n’est pas simple, nous avons besoin de chauffeurs livreurs, capables de rouler mais aussi de charger et de décharger, en bonne synergie avec notre client. Avec de la disponibilité et le sourire… C’est un métier bien payé mais qui a aussi ses inconvénients. Chez nous, toutes les candidatures sont les bienvenues…"

Tout le monde veut être servi, mais personne ne veut livrer…

C’est le leitmotiv des patrons transporteurs qui ne savent plus comment répondre à la demande du marché. Luc Cabaye est patron d’une cimenterie à Harmignies et il n’a pas hésité à monter un panneau géant aux portes de son entreprise avec la mention "Engageons Chauffeurs"… Mais cela ne suffit pas : "C’est clair que c’est un métier difficile, il faut partir tôt, jongler avec les bouchons, livrer et revenir à son point de départ. J’ai des chauffeurs qui adorent ce métier et qui sont chez nous depuis des dizaines d’années, mais j’ai du mal à trouver de jeunes recrues. Comme si ce métier avait perdu son lustre d’antan, comme si les chauffeurs routiers n’étaient plus aussi sympas… Mais en fait c’est faux. Les gens sont payés avec un bon barème et la demande du marché est telle que nous sommes prêts à offrir des conditions avantageuses à ceux et celles qui veulent nous rejoindre et s’installer derrière le volant…"

5000 emplois du secteur sont vacants, un chiffre qui ne cesse de grimper et qui inquiète la Febetra. "Un chiffre que devra prendre en compte de toute urgence le futur gouvernement, nous fournissons des camions derniers cris, équipés avec les dernières normes en vigueur, écologiques autant que puisse l’être un camion, des conditions particulières pour encadrer chaque emploi… On doit pouvoir y arriver si la volonté de redorer le blason de ce métier fantastique existe vraiment", insiste le jeune patron, Thomas Fadel, avant d’aller accueillir ses chauffeurs qui rentrent aux quaisDemain est un autre jour, celui d’une autre tournée, sur la route.

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