Pénicilline administrée par erreur à Charleroi : sursis simple pour un médecin et une infirmière

Le tribunal correctionnel de Charleroi a condamné, ce lundi, un médecin et une infirmière à respectivement six et quatre mois de prison avec un sursis simple de trois ans. Les deux prévenus étaient poursuivis pour un défaut de prévoyance ou de précaution ayant involontairement causé la mort d’un patient du GHDC de Charleroi. Ils avaient plaidé l’acquittement. Le ministère public avait requis une peine d’un an de prison avec une mesure de faveur.

Un médecin assistant clinicien, candidat spécialiste en chirurgie digestive au moment des faits, et une infirmière étaient suspectés d’avoir commis une erreur médicale ayant entraîné la mort d’un patient, le 4 novembre 2014, aux soins intensifs. Quelques jours plus tôt, la victime avait subi, avec succès, une opération de pontage à l’hôpital. Durant les nuits suivantes, la température du patient était montée à plus de 38 degrés. L’infirmière, présente auprès du patient, s’était inquiétée de l’état de santé de la victime et avait décidé d’appeler le médecin, rentré chez lui pour effectuer sa garde.

"J’ai reçu l’appel de l’infirmière et je ne me suis pas inquiété de la situation compte tenu des symptômes décrits", avait expliqué le médecin. Ce dernier avait décidé de prescrire de l’Augmentin, un antibiotique contenant de la pénicilline. Mais le patient était allergique à la pénicilline après un diagnostic remontant à août 2014 lorsqu’il avait été admis aux urgences pour des difficultés respiratoires après en avoir ingurgité.

L’infirmière avait alors prescrit une légère dose d’Augmentin à la victime, qui avait fait une réaction allergique. Après deux arrêts cardiaques, le patient était décédé le 4 novembre 2014 aux soins intensifs.

Pour la substitute Dutrifoy, le médecin et l’infirmière ont clairement manqué de prévoyance en administrant la pénicilline. "Ce que je reproche au médecin ce n’est pas de ne pas s’être rendu à l’hôpital, mais de ne pas avoir demandé ou vérifié les allergies du patient." L’infirmière avait eu connaissance de l’allergie du patient. "Juste avant, je lui avais demandé s’il était allergique à l’Augmentin. Il m’a dit qu’il était allergique à la pénicilline, mais je ne savais pas qu’il y en avait dans le médicament", avait expliqué l’infirmière. Le parquet confirme que cette dernière aurait dû faire un meilleur usage de cette information. "Elle aurait pu rappeler le médecin pour l’informer."

Une peine d’un an de prison était requise contre eux pour cette erreur médicale. Vu l’ancienneté des faits et l’absence d’antécédents judiciaires, la substitute Dutrifoy ne s’est pas opposée à une mesure de faveur aux prévenus.

Les deux avocats de la défense avaient plaidé l’acquittement, affirmant qu’il n’existait pas de lien de causalité entre l’erreur médicale et le décès du patient.

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