Pairi Daiza: à quand la fin des embouteillages autour du parc?

La nouvelle route "des pandas"
8 images
La nouvelle route "des pandas" - © Charlotte LEgrand

Des élus socialistes de la région réclament une grande étude de mobilité. Pour eux, les bouchons posent des problèmes de sécurité. Les derniers aménagements, comme la "route des pandas", ne suffisent pas. Sur le terrain, les riverains semblent résignés face au retour des embouteillages. "Un mal pour un bien".

 

Ça coince pour les gens du coin

"Cela fait tellement d'années, vous savez..." Elle habite en bordure de cette fameuse "RN56". Dès l'ouverture du parc, Paulette voit se reformer les files de visiteur, "surtout vers 10h et après 18h. On s'habitue, que voulez-vous!". Renée admet avoir souvent des difficultés à traverser la route, quand la circulation s'effectue "pare-choc contre pare-choc". "On a bien demandé à la commune pour avoir un passage pour piétons, mais il paraît qu'on est trop près du tournant!" nous explique-t-elle. Quant à Pascal, il a trouvé la parade, les jours les plus "denses", "je prends les petites routes! je suis du coin, je connais!".

"Ça suffit"

Pour les élus locaux, la situation ne peut plus durer. "A certains moments, traverser cette RN56 est une horreur", affirme Manuella Senecaut, chef de file PS à Jurbise. Le député-bourgmestre de Chièvres, Bruno Lefèbvre, insiste sur les problèmes de sécurité que cela pose. Il prend l'exemple des pompiers volontaires, qui souhaitent rejoindre la nouvelle caserne. "Ils viennent prendre leur service, et se retrouvent bloqués dans 3 km de bouchons! Et sans gyrophare, personne ne les laisse passer. S'ils klaxonnent ils risquent juste de récolter des insultes. C'est un problème de sécurité publique.". D'autres élus locaux sont présents, et mettent en avant différents problèmes de mobilité. "Je me souviens, un dimanche l'année dernière", raconte l'échevin lensois Léon-Henri Doem. "Il y a eu un accident à Jurbise, et les ambulances ne savaient pas arriver sur les lieux"

 

Une nouvelle route a pourtant été mise en service, avec la présence d'un feu "intelligent". Le bourgmestre de Brugelette, André Desmarlières, doit bien reconnaître une amélioration du trafic dans Cambron-Casteau, grâce à cela. "95% du trafic est ainsi dévié" "Mais c'est pire à Lens, à cause du feu rouge", martèle Leon-Henri Doem. Les problèmes de mobilité se seraient également déplacés dans le village de Gages. "Allez-y un dimanche midi, en pleine saison, c'est insupportable", affirme André Desmarlières.

Brugelette bientôt "rebaptisée" Pairi Daiza?

Comment faire mieux? Lui semble découragé. "A part faire en sorte qu'une autoroute débouche directement dans le parking de Pairi Daiza, je ne vois pas de solution. De solution qui puisse rester valable 20 ans! Sans doute qu'à ce moment-là, la commune de Brugelette n'existera plus, que ce sera rebaptisé 'Pairi Daiza' De toutes façons, chaque fois que l'on trouve une solution dans un village, d'autres sont impactés. Le problème se déplace." Pour le député Jean-Pierre Denis, si l'accès routier continue de poser autant de problèmes, il faut se tourner vers les transports en commun. Il évoque la piste de navettes, au départ de la gare d'Ath par exemple. "Il y a là un parking de 5000 places, qui n'est presque pas utilisé le week-end. Si les visiteurs se garent là, puis arrivent par navette, ou par train, cela va désengorger le trafic. Et cela peut se faire depuis la gare de Mons."

Pas que du négatif

Une dizaine de mandataires socialistes réclament donc au gouvernement wallon une étude de mobilité, par le biais d'une proposition de résolution. En coulisses, il se dit que le parc Pairi Daiza étudierait, de son côté, un nouveau plan de mobilité.

Pour André Desmarlières, les choses ne bougeront que si Eric Domb "entre dans le jeu" des discussions. "Voyez le contournement de Cambron. J'ai entendu du vent pendant des années. Mais lorsqu'Eric Domb s'en est mêlé, en trois ou six mois, le problème était réglé et on attaquait les travaux..."

Rien à attendre de très concret pour cette saison 2016. Des travaux d'envergure ou un nouveau plan de mobilité n'ont aucune chance de voir le jour d'ici la réouverture du parc. C'est bientôt, et Nadine se frotte les mains. Les bouchons vont réapparaître et c'est du pain bénit pour cette restauratrice lensoise. "Les gens s'arrêtent, quand ils sont bloqués, ils viennent manger un bout ou boire un verre. Je pense que beaucoup de commerçants profitent du trafic vers le parc Pairi Daiza. Dommage qu'il faille toujours critiquer quand quelque chose fonctionne"

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK