Nourrir ses porcs à la bière: à Basècles, on élève à l'ancienne

Des hectares à perte de vue, entre les champs et le verger de Luc Amorison, une trentaine de porcelets gambadent en liberté. On est loin ici des bâtiments industriels et du lisier qui empeste le voisinage. Ici, on élève les cochons à l’ancienne et à la bière.

Luc Amorison est convaincu de la méthode : "Ce n’est pas pour rien qu’autrefois les tenanciers de bistrots élevaient des cochons derrière leur établissement et qu’ils leur donnaient des fonds de bière. Bon, on ne leur donne pas que ça, on les nourrit aussi avec le petit lait de la ferme et les céréales qu’on produit".

De la viande de qualité  

Les porcelets ont le teint rose (et oui, cela existe encore) et le poil soyeux. Et comme on aime le circuit court dans la famille, c’est le cousin qui fournit la levure de bière et la bière.

"La levure fraîche est transportée dans son milieu d’origine, le fond des cuves, la levure et la bière vont parfumer la graisse et la viande de mon cousin et lui donner un goût vraiment particulier. Et lui, il me fournit de l’orge dont j’ai besoin pour produire la bière", explique François Amorison qui fabrique la Diôle à moins de 2 kilomètres de la ferme, à la Brasserie des Carrières.

La famille s’est lancée dans l’élevage des porcelets en plein air, car elle avait surtout envie de manger quelque chose de bon. "Notre élevage est assez unique, surtout en province de Hainaut", poursuit Luc Amorison. "On ne tue pas plus de 2 bêtes par semaine et quand notre viande arrive à l’abattoir, le vétérinaire nous l’a dit, on voit clairement une différence."

          

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Les 2 cousins Amorison pas peu fiers de leur production © Marie-Anne Brilot

Une production de bière zéro déchet ou presque

Pour le cousin brasseur, "c’est aussi l’occasion de limiter les émissions de carbone pour l’approvisionnement de nos matières premières en travaillant localement et de tendre vers une production zéro déchet en donnant nos excédents de levures à la ferme. C’est tout-à-fait l’esprit dans lequel on veut travailler".

Ajoutons encore que la levure de bière fait partie de la composition des aliments pour cochons notamment et que "la méthode Amorison" évite ainsi le recours à des composants plus ou moins chimiques.

Évidemment la production est artisanale, Luc vend ses produits sur commande, à la ferme et dans quelques points de vente de la région de Beloeil. Un petit verre de bière par jour, cela donne donc de la bonne viande de cochon et même l’AFSCA, l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire, n’y trouve rien à redire…

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