Mouscron: la ferme Saint-Achaire accueille les exclus depuis 35 ans

La ferme Saint-Achaire accueille aujourd'hui une quinzaine de personnes en difficulté.
La ferme Saint-Achaire accueille aujourd'hui une quinzaine de personnes en difficulté. - © Denis Vanderbrugge

Accueillir les exclus leur remettre le pied à l'étrier. A Mouscron, c'est le travail que mène la ferme Saint-Achaire depuis 35 ans. Ceux qui y vivent sont sans-abris ou bénéficiaires du CPAS. Ils sont remis en selle en travaillant pour la communauté. La ferme mouscronnoise est en réalité un foyer communautaire. Un foyer créé de toute pièce par l’abbé Pollet en 1981.

A l’époque, la ferme Saint-Achaire est une ruine perdue au milieu d’une végétation foisonnante. Les terrains appartiennent à la Ville de Mouscron. Laquelle les confie au prêtre désireux d’y mener un projet social. Débutait alors un impressionnant chantier de réhabilitation. "Ces travaux ont été menés par des personnes en difficulté que nous accueillions, explique l’abbé Pollet. On a toujours trouvé des gens avec des compétences. J’ai eu des maçons, des menuisiers qui avaient perdu leur emploi. Et puis, j’ai eu des bonnes volontés qui ont creusé et porté des briques…"

Tout ce travail a permis de faire de la ferme, le lieu d’accueil qu’il est aujourd’hui. Une quinzaine de personnes y vivent en permanence. Elles y travaillent aussi. Pour permettre à la communauté de vivre, les accueillis vendent du bois de chauffage.

"On se sent utile"

L’objectif est clair : offrir une respiration à des personnes en difficulté. Mais leur donner également l’opportunité de se relancer. Et ça marche ! Accueilli dans les années 90, lors d’une période difficile de sa vie, Frédéric a aujourd’hui été engagé à la ferme. C’est lui qui encadre les nouveaux arrivants et les met au travail. Un boulot qu’il fait avec plaisir. "Ça me plaît vraiment, confirme-t-il. Je ne viens pas travailler la boule au ventre."

Ludovic, lui, est à la ferme depuis quelques semaines. Son rôle ? Travailler le bois et soigner les animaux. "Ca occupe l’esprit, sourit-il. Quand on est ici, on se sent utile. Et ça c’est très important !"

Virginie ne le démentira pas. Accueillie depuis février, elle voit beaucoup d’avantages à travailler à la ferme Saint-Achaire. "Cela redonne un rythme, assure-t-elle. On se retrouve aussi en contact avec d’autres personnes en difficulté. Cela permet de parler de nos problèmes. Je vois ça comme une bouffée d’oxygène."

Virginie et Ludovic pourront quitter la ferme quand ils seront relancés. Mais ils peuvent rester autant de temps qu'ils le souhaitent. "La ferme est un foyer communautaire, explique l’abbé Pollet. Cela veut dire que les gens partent quand ils le veulent. J’ai un résident qui vit ici depuis vingt ans. Il n’aurait pas supporté vivre seul. Il dispose d’un studio à la ferme et continue à vivre avec nous. Évidemment, c’est difficile de faire ça pour tout le monde. Mais on essaie. Et on crée des choses nouvelles quand c’est possible !"

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