Mort de deux ouvriers à Hyon: "pas une fatalité", pour les parties civiles

Les secours n'avaient rien pu faire pour sauver les deux ouvriers ensevelis.
Les secours n'avaient rien pu faire pour sauver les deux ouvriers ensevelis. - © RTBF

Qui est responsable du décès de Cédric Maton (31 ans) et de Julien Père (20 ans), le 28 avril 2011, sur le chantier de construction d’un immeuble à appartements, rue Monte-en-Peine, à Hyon? C'est la question à laquelle doit répondre le Tribunal Correctionnel de Mons. Ces deux ouvriers sont morts, ensevelis, alors qu’ils étaient occupés dans une tranchée, pour l’aménagement de garages en sous-sol. Ce mardi, les avocats représentant leurs familles respectives ont plaidé. Pour eux, une chose est sûre: l’accident n’est pas dû à la fatalité, ni même aux conditions météo, particulièrement exécrables ce jour-là. Pour les avocats des parties civiles, chacun des prévenus (entrepreneurs, maître d’ouvrage, architecte et coordinateur de sécurité) a sa part de responsabilité dans le décès des deux jeunes hommes. Ils pointent l’absence d’un plan de sécurité et de santé, ou du moins le fait qu'aucune mesure n'ait été prise pour faire respecter celui-ci, et le fait que la tranchée dans laquelle travaillaient les deux ouvriers n’était pas correctement talutée ni bâchée. Personne n’a non plus fait arrêter le chantier, malgré les pluies diluviennes qui tombaient ce jour-là. «On a l’impression d’avoir affaire à des stagiaires qui en sont à leur premier chantier», a commenté Me Frank Discepoli, l’avocat des parents de Julien Père. Lui et ses confrères ont également démontré que l’architecte et le coordinateur de sécurité avaient failli à leur mission de coordination et de contrôle du chantier. Pour ce qui est de l’éventuelle responsabilité des victimes: «Les SMS envoyés ce jour-là par Julien Père à sa petite amie et à un de ses amis démontrent qu’il avait compris que les conditions n’étaient pas bonnes pour travailler. Ce n’est pas correct de dire qu’il s’est aventuré dans la tranchée de lui-même. Il a été enseveli parce qu’on lui a demandé d’y être». Plusieurs avocats insistent aussi sur le fait que sur ce chantier «le respect des échéances a primé sur le respect de l’humain». Lors de la prochaine audience, le 26 janvier, on entendra le réquisitoire du Ministère Public, ainsi que les plaidoiries des avocats des entrepreneurs et du maître d’ouvrage. Ceux de l’architecte et du coordinateur de chantier plaideront quant à eux le 16 février.