Procès bis des "Mésanges" à Mons: Victor Zdanov, un comptable qui ne compte pas beaucoup?

Viktor Zdanov lors du premier "procès des Mésanges"
Viktor Zdanov lors du premier "procès des Mésanges" - © Belga - Bruno Fahy

L’Arrêt de la Chambre des mises pour le dossier Bis des "Mésanges" tombera le 24 Mars prochain. Une décision sur laquelle les administrateurs du Centre de Santé de Mons se pencheront avec attention.

Pourquoi ?

Le premier procès dit "de l’incendie des Mésanges" (du nom de cet immeuble de logements sociaux qui avait été la proie des flammes en février 2003 où sept personnes avaient trouvé la mort et 26 autres avaient été blessées) s’était achevé en juin 2013.

Dans ce premier jugement, le 5 juin 2013, la société "Toit et Moi" (ex-SORELOBO) avait été reconnue coupable par défaut de prévoyance ou de précaution. Quant aux deux personnes physiques, l’ancien bourgmestre Maurice Lafosse (PS) et Viktor Zdanov, ils avaient été acquittés même si le lien de causalité avec le dommage a été établi pour trois fautes reconnues. Dans la foulée, une autre enquête avait été ouverte. Enquête concernant des malversations, des faux en écriture, des prises d'intérêt et des détournements par fonctionnaire. Parmi les 10 inculpés, Victor Zdanov, l'ancien directeur gérant de la société "Toit et Moi". Il est question par exemple de frais de déplacements fictifs versés à concurrence de 500 euros par mois pendant plusieurs années. En octobre 2015, un non lieu avait été prononcé. Le Parquet a ensuite fait appel de cette décision. L’Arrêt tombera donc ce vendredi à la Chambre des Mises.

Un comptable sur lequel ils ne peuvent compter

Les administrateurs du Centre de Santé de Mons vont être particulièrement attentifs à ce qui touche une des personnes citées dans ce dossier, Viktor Zdanov. Car l’ex-directeur-gérant de "Toit & Moi" (ex Sorelobo ") est également comptable au sein du centre de Santé de Mons, un travail pour lequel il est rémunéré mais qu’il n’exercerait pas. C’est le service comptabilité de "Toit & Moi" qui devait exécuter son travail. Viktor Zdanov, qui est gradué, percevrait également un salaire plus élevé que le barème auquel il pourrait prétendre s’il remplissait réellement la fonction (puisqu’il semble s’agir d’un emploi fictif).

Une situation qui commence à déranger au sein du Centre de Santé. Certains administrateurs qui connaissent la situation de ce comptable au statut un peu particulier se sont donc regroupés pour unir leur force et faire cesser ces pratiques. Et si ces administrateurs sont si intéressés par l’Arrêt de ce vendredi, c’est en raison de l’ancienneté de Viktor Zdanov. Ses vingt années de carrière au sein du Centre lui garantissent, s’il fallait en arriver là, de substantielles indemnités de licenciement, une situation que voudrait éviter à tout prix cette institution déjà en difficulté.

Eviter les indemnités de licenciement

D’où l’attention que portent ces administrateurs du Centre de Santé sur la décision de justice de ce vendredi concernant les préventions pénales de type faux en écriture et frais fictifs. Dans l’hypothèse où la Chambre des mises renvoyait, pour ces faits, Viktor Zdanov devant une juridiction correctionnelle, le Conseil d’Administration du Centre de Santé tiendrait là la faute grave qui lui permettrait de se séparer de leur "comptable" sans bourse délier.

Précisons que dans le dossier Bis des Mésanges la période infractionnelle concernant Viktor Zdanov prend fin en Février 2004.

Un Conseil d'Administration extraordinaire du Centre de Santé a été convoqué le mercredi 10 février à 17 heures.

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