Mons: un week-end sans dormir, pour concevoir les applis de demain

Mons: un week-end sans dormir, pour concevoir les applis de demain
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Mons: un week-end sans dormir, pour concevoir les applis de demain - © Tous droits réservés

On appelle ça "l'hackathon". Sorte de marathon pour (sympathiques) hackers. Ils sont en ce moment septante, à "squatter" un auditoire de l'université de Mons. Par groupes, ils tentent de concevoir la meilleure application "citoyenne". Celle qui devrait vous changer la vie, dans cinq ou dix ans.

 

Des matelas à la queue-leu-leu. Des petits déj's entamés. Du café, beaucoup de café. Et surtout des dizaines d'ordinateurs. Et deux fois plus de mains qui tapent, frénétiquement des formules et des codes. Bienvenue à l'hackathon. Compétition un peu particulière, qui s'achèvera dimanche soir. Pour la plupart des participants, "c'est une première".

 

Ce groupe planche sur une application qui pourrait changer la vie des seniors. Surtout ceux qui veulent éviter la maison de repos. Grâce à cette "appli", les proches pourraient commander toutes sortes de services, livrés à domicile. Nourriture, blanchisserie, soins en tous genres. Ils viennent de l'UCL-Mons, mais cherchaient un développeur. Ils l'ont trouvé, ici. Et c'est à cinq qu'ils tentent leur chance, ce week-end. Pour l'instant, tout va bien. "Même si la nuit a été froide", précise le développeur. Il a dormi dans la salle de gym, "elle n'était pas chauffée".

Ils sont tellement concentrés, on a presque peur de les déranger...Les membres de cette équipe en sweat-shirt turquoize ont l'air un peu plus âgés que la moyenne. "On n'est pas des étudiants", confirme le "meneur". Cette équipe de collègues a voulu se prêter au jeu, elle aussi. "Nous sommes partis de l'idée qu'il est très désagréable de croiser, en rue, des poubelles qui débordent" Ils proposent des poubelles intelligentes, munies de capteurs, qui signaleraient automatiquement à l'administration communale, quand il faut les vider. Résultat: des tournées plus efficaces, un gain de temps, des citoyens contents. Cette équipe a tout prévu: de la poubelle "test" à la boîte à outils XXL, en passant par les ordinateurs "en double" et même...deux personnes affectées au même poste (on n'est jamais trop prudent, pas vrai?).

Dernière équipe que nous "dérangerons" ce samedi...Ils sont venus de Flandre pour proposer leur concept. "Il s'adresse à des architectes, qui n'ont pas toujours beaucoup de temps pour réfléchir aux aménagements pour personnes à mobilité réduite". L'application utilise la 3D et permet, en quelque sorte, de "se promener, virtuellement, dans un projet d'architecture", comme si l'on était en chaise roulante. Les défauts techniques, problèmes d'angles, de largeurs de portes, de hauteurs de fenêtre, devraient sauter aux yeux des utilisateurs de l'appli. Pour se donner du courage, l'équipe écoute du métal. Chacun sa méthode, il faut 'tenir' jusque dimanche soir!

70 participants, dix-huit projets d'application au total. La "grande foule" n'est pas au rendez-vous, mais la qualité des projets réjouit Frank Butstraen (directeur Futurocité, organisateur). "On n'est pas dans la gadgetterie, le concours pour geeks. L'objectif est d'obtenir quelque chose de réellement utile, pour les citoyens". Pour lui, les applications "d'avenir", dans le contexte qui est le nôtre, seront celles qui pourront être transposées, dans différentes villes wallonnes. "Il ne faut pas être New-York ou Tokyo pour numériser les villes, les rendre plus attractives au citoyen. Mais ce n'est pas facile de convaincre les villes, ici, en Wallonie. Les villes n'ont pas d'argent, la plupart sont sous plan de gestion...Elles n'osent pas prendre des risques. Et certaines ont peur du changement! Ce hackathon prouve que des idées, il y en a! Les jeunes veulent être créatifs, aider à cette transformation! Et ça ne demande pas des investissements énormes...mais il faut avancer!"

L'événement est organisé par FuturoCité, en partenariat avec IBM, l’Umons Cronos et le Forem et avec le support du Cetic, de l'IDEA, La Maison de l’Entreprise et le Smart City Institute.

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