Mons: même en période d'examen, Tyle doit continuer à assumer un job en parallèle

Malgré la difficulté de son quotidien, Tyle considère qu'il a de la chance "...parce que moi j’ai un travail"
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Malgré la difficulté de son quotidien, Tyle considère qu'il a de la chance "...parce que moi j’ai un travail" - © Charlotte Legrand

C’est le sujet de conversation du moment, tout le monde parle de la "mauvaise période" que traversent les étudiants. Astreints à l’étude en cette période de chaleur, sur fond de Roland Garros d'abord, du Festival de Cannes ensuite, puis du Doudou, les tentations ne manquent pas. Pourtant, malgré la difficulté, ces étudiants sont des privilégiés. Leur seule préoccupation actuellement est la tenue de leur planning d’étude. Tout le monde n’a pas cette chance.

Des minervals très coûteux pour les étrangers

Tyle est Camerounais, il habite Mons et comme beaucoup d’Africains qui étudient chez nous, il n’est pas simple pour lui de nouer les deux bouts. En Belgique depuis quatre ans, Tyle était venu pour décrocher un Master en sciences actuarielles mais, en raison du prix du minerval demandé aux étrangers dans les universités, il a été obligé de revoir ses ambitions à la baisse. Aujourd’hui, il étudie donc l’Informatique de Gestion à l’école industrielle et commerciale d’Ecaussinnes.

Mais ce choix maintient pour lui l’obligation d’avoir des rentrées financières. Il travaille donc quotidiennement dans une société de nettoyage "Je travaille matin et soir chez Gom, explique Tyle, le matin je nettoie au Grand-Prés et le soir je viens ici dans le centre de Mons pour nettoyer les bureaux. Entre les deux, il faut que je me concentre sur mes cours, ce n’est pas toujours évident mais je me force. Le peu de temps dont je dispose m’oblige à aller à l’essentiel et pour l’instant ça va. Quand cela débouche sur du positif, on est content du travail réalisé".

Le garant n’est pas la panacée

Normalement les étudiants étrangers doivent être pris en charge par un garant qui doit subvenir aux besoins de l’étudiant en matière d’étude et de logement. Dans la pratique, Tyle explique qu’il est difficile d’aller demander de l’argent pour tout, le travail lui permet d’arrondir les fins de mois.

Dur, dur mais ça va

"C’est clair que le cumul du boulot et des études est fatigant mais c’est difficile pour moi d’aller coucher tôt parce du même coup je rate beaucoup de choses. Ici, pendant les examens, je me couche plus tard parce qu’il y a le stress, que je me demande si j’ai bien révisé ou si je suis vraiment prêt".

Loin de se plaindre de sa situation, Tyle est plutôt du genre à voir le verre à moitié plein "j’ai de la chance aussi parce que moi j’ai un travail. J’ai des connaissances qui sont étudiants et qui eux ne travaillent pas, ils cherchent, mais ils n’ont pas de boulot à côté, leur situation est donc nettement moins enviable que le mienne. Je me console avec cela".

 

 

 

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