Mons : le marché des appareils auditifs a le vent en poupe

Laura Everaert
Laura Everaert - © Charlotte LEgrand

Les centres de l’audition fleurissent en centre-ville, signe d’une demande de plus en plus forte. Le sonotone "de pépé" a fait place à des équipements plus discrets, beaucoup mieux acceptés par ceux qui les portent. Quant aux bouchons d’oreille, on peut désormais les assortir à sa paire de lunettes. 

Dans cette rue du centre-ville de Mons, on compte pas moins de trois magasins spécialisés dans les troubles de l’audition. Un indépendant, deux enseignes de grande chaîne. Et du boulot pour tout le monde, apparemment. Pourquoi ? D’abord parce que les besoins sont plus importants, nous explique Laura Everaert, audiologue dans l’une des boutiques. Elle constate une ouverture d’esprit beaucoup plus forte qu’avant, chez ses clients. "Notre vie quotidienne est plus bruyante qu’avant. Déjà les jouets des enfants. On écoute de la musique via des oreillettes, des casques, on peut augmenter facilement le son. En ville, il y a de plus en plus de voitures, de plus en plus de musique dans les discothèques, les cafés. On monte le son, on parle de plus en plus fort…Les cinémas, c’est pareil ! Tout est plus fort !"

Il en résulte des pertes auditives, des acouphènes. " On parle beaucoup plus de tout ça ! Ça devient de plus en plus connu dans les médias aussi. Regardez notre premier ministre qui a eu il y a quelques semaines le coup de pistolet dans l’oreille, lors des 20 km de Bruxelles. On en parle plus. Et les gens se disent ‘comment faire pour améliorer mes problèmes d’audition ?’ "

Les appareils auditifs sont moins tabous 

S’ils se rendent plus volontiers dans un centre auditif, c’est aussi, selon Laura Everaert, parce que les appareils auditifs sont moins tabous. "Dans le temps, on pensait que l’appareil était hyper grand et lourd et que ça siffle tout le temps. Ce n’est plus le cas. Notre technologie a beaucoup évolué les dernières années. Donc, on a des appareils tout petits aussi. Les appareils, c’est un peu comme les lunettes, au début ça étonnait, maintenant les lunettes c’est devenu un phénomène de mode."

A l’approche des festivals, elle a traditionnellement plus de demandes pour des bouchons d’oreille, sur mesure ou pas. "Là aussi, je constate qu’on en porte plus qu’avant. Moi-même lorsque je sors, je regarde autour de moi, parce que c’est mon métier, et je vois de plus en plus de gens se protéger de la musique trop forte. C’est une bonne évolution !"

Et les casques pour enfants ? "On en vend aussi mais attention, car c’est standard. Donc cela peut représenter des risques pour les enfants. Si le casque bouge un peu, s’il n’est pas tout à fait adapté à la tête de l’enfant, il peut laisser passer du bruit, qui pourrait endommager les oreilles très fragiles des plus petits. Donc ne pas croire qu’un casque va protéger un enfant pendant 8 heures non stop ! Il faut faire des pauses…" ou éviter tout simplement les concerts trop bruyants. "Pareil pour les femmes enceintes. Cela peut être dangereux pour le bébé. Seul le ventre de la maman va faire barrière, le son va entrer quand même. Et pour des oreilles en formation, ce n’est pas l’idéal du tout. Je déconseille fortement aux futures mamans d’aller dans des concerts, en festival."

Dans les témoignages qui lui sont rapportés, Laura Everaert entend souvent parler "du problème de la télé". "En effet, beaucoup de clients se plaignent de ne pas bien entendre la télé, les séries. Le journal télévisé, c’est toujours bon. Mais pas les films, les feuilletons. Dès qu’il y a de la musique, un bruit de fond, ça ne va plus. Et même leur conjoint, qui ne souffre pas de perte auditive, me dit la même chose. Donc je pense qu’il y a réellement un problème à ce niveau. Il y a une marge de progression, pour que le son à la télévision soit d’aussi bonne qualité que l’image !" A bon entendeur...

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