Mons: le Centre Poliade un sas de transition pour les toxicomanes

Le nouveau centre Poliade sur la route de Wallonie à Mons (Ghlin)
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Le nouveau centre Poliade sur la route de Wallonie à Mons (Ghlin) - © Charlotte Legrand

À Ghlin, face au canal, le Centre Poliade accueillera bientôt d’anciens toxicomanes. Ces patients pourront, durant une période de transition, s’installer dans cette propriété entourée d’un grand jardin. Pourquoi ? Parce que "souvent, explique Juan Tecco, le médecin-psychiatre, responsable du Centre, ces personnes connaissent, dans le milieu qu’ils fréquentent, des gens qui consomment des drogues, que ce soit dans la famille, dans le quartier ou le groupe d’amis. Le passage dans ce centre, où le visiteur vivra une sorte de transition au cours de laquelle il évoluera dans un environnement communautaire protégé, est un élément favorable".

 

Pour éviter que plus dure soit la rechute

Car le médecin évalue à 90 voire 95% le risque de rechute pour le patient qui réintègre sans transition un milieu où la drogue circule. Le Centre Poliade (qui se définit comme Centre de rééducation fonctionnelle pour toxicomanes) pourra accueillir douze personnes simultanément pour une période maximale de trois mois.

"Il y a deux chambres doubles par étage et deux chambres individuelles. Ces chambres sont lumineuses et spacieuses et disposent du confort adapté au type de travail que nous allons accomplir ici" précise Olivier Brown, le futur directeur du Centre.

Dans ce centre, ces toxicomanes vont apprendre à renouer avec la réalité quotidienne. Pour y arriver, des rendez-vous vont leur être proposés "des ateliers d’informatique, de jardinage, de recherche d’emplois, de remise en ordre sociale et administrative vont être organisés" poursuit le futur directeur de cette structure qui va être amenée à travailler en étroite collaboration avec le CHU Ambroise Paré et le CHP Chêne aux Haies.

Un manque à combler ?

Selon Joëlle Kapompole, Présidente du Centre Hospitalier Universitaire et Psychiatrique de Mons-Borinage" il s’agissait de répondre à un besoin qui était exprimé depuis longtemps dans la région de la part de tous les partenaires du réseau (le service de prévention de la ville de Mons et le relais social urbain) toutes ces plates-formes en matière d’assuétude insistent sur la nécessité d’un programme de post cure avant de rejoindre son environnement "

Le nouveau centre est une ancienne propriété particulière. "Elle a évidemment nécessité une rénovation en profondeur ainsi que toute une série d’investissements au niveau matériel, le tout pour un budget de 1 300 000€" poursuit la présidente. Les premiers pensionnaires franchiront le seuil du centre "Poliade" début décembre.

 

Des synergies possibles

L’asbl "Parenthèse" à Mons s’occupe également des personnes en grande dépendance aux produits illicites mais les patients reçoivent chez "Parenthèse" un suivi psycho médico-social en ambulatoire, ils ne séjournent donc pas au sein de l’asbl. "Ici, les personnes viennent consulter un médecin, un généraliste, un psychiatre, explique Johanne Derumier, la responsable administrative de "Parenthèse", ils utilisent aussi le service social et psychologique, nous sommes une équipe pluridisciplinaire composée d’assistants sociaux, d’éducateurs, de médecins, de psychologues, et les personnes viennent en général consulter une fois par semaine. Mais après leur consultation, ces patients repartent jusqu’à la semaine suivante sauf si le besoin de revenir plus vite se fait sentir. Je pense donc que "Poliade" où les patients peuvent se mettre au vert, se poser et réfléchir à leur futur est un projet complémentaire très intéressant et qu’il conviendra de travailler en réseau".

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