Mons : la demande de logement étudiant ne faiblit pas malgré la crise sanitaire

Florence travaille sur sa deuxième session en attendant de pouvoir retrouver ses copains dans son kot ©RTBF
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Florence travaille sur sa deuxième session en attendant de pouvoir retrouver ses copains dans son kot ©RTBF - © Tous droits réservés

Les étudiants sont en pleine deuxième session à l’Université. À quelques semaines de la rentrée, c’est également la période de recherche d’un logement et d’un kot. Malgré les nombreuses incertitudes qui planent sur la rentrée, la demande est toujours là. Beaucoup de parents sont optimistes et préfèrent assurer le coup, quitte à devoir réfléchir plus tard à une autre solution.

C’est le cas de Florence, étudiante en première année de bachelier à l’Université de Mons (UMons). Elle n’a plus mis les pieds dans son kot depuis 6 mois. En plein blocus de deuxième session, elle n’attend qu’une chose : retrouver une vie d’étudiante normale. "Le kot ne sert pas uniquement à aller en cours. Il y a toute la vie qui entoure le kot et puis, c’est plus pratique échanger avec les autres. Bien sûr, si les conditions nous imposent des cours à distance, on sera perturbé, mais le fait d’être en kot nous aide quand même au quotidien", commente la jeune étudiante.

De son côté, Maria, la maman Florence, hésite à prolonger le bail du kot. Selon elle, il y a beaucoup trop d’incertitudes qui planent sur la rentrée universitaire. "Franchement, je ne sais pas et je me pose tous les jours la question. A priori, d’un côté s’il n’y a pas de cours avec présence physique, cela ne vaut pas la peine. D’un autre, je me dis que c’est l’occasion pour les étudiants de se retrouver. Ils ont leur bulle à construire pour ne pas rester uniquement dans notre bulle à nous. Quand les étudiants travaillent ensemble, même si c’est à distance, ou simplement le fait d’être en contact avec des gens qui font la même chose que toi c’est très important".

Garder son kot ou rester à la maison

Malgré le manque de clarté et d’informations, un constat : la demande de logements étudiants ne connaît pas la crise. Dans cette agence immobilière, depuis l’annonce du déconfinement, on empile les rendez-vous. Assise à son bureau, Elise enchaîne les appels avec des parents d’étudiants. "Dans mon agenda, il y a pas mal de visite fixée. Je cours pas mal en ce moment, même si c’est un tout petit peu plus calme que d’habitude. C’est sûrement lié aux vacances et à la chaleur. Après, on bosse beaucoup tous les jours, car la demande est là depuis plusieurs mois", explique l’agente immobilière.

Cette demande dépasse même les frontières. Sylvie vient de Paris pour trouver un logement à sa fille. Elle n’a pas le choix, même si une question reste en suspens : en cas de nouveau confinement, peut-on résigner le bail ? "Honnêtement, je n’y ai pas pensé. On a foncé, car c’était la dernière limite avant que ma fille arrive sur Mons. Je ne me suis pas posé la question. Après, je suis confiante et optimiste, car le port du masque peut aider à ce qu’il n’y ait pas de reprise de l’épidémie. Sinon, on verra, mais pas de précipitation et pas de réaction anticipée".

Normalement, il n’y a pas de rétractation de bail possible, mais "on peut tomber sur des propriétaires compréhensifs qui acceptent de libérer l’étudiant dans des conditions très particulières de pandémie. Après, la Covid-19 est une nouveauté pour tout le monde, y compris pour l’immobilier. On n’a pas encore été confronté à cette situation. Du coup, je ne sais pas comment on procédera. Il n’existe pas encore de clause corona", détaille Élise Pollart, agente immobilière chez Alpimmo.

Du côté des sites d’annonces de logements et kots étudiants, on confirme la tendance. Le trafic sur les sites est en augmentation dans toutes les zones du pays. Les étudiants consultent les offres, mais cela ne débouche pas forcément sur une signature de bail. Quoi qu’il en soit, garder son kot ou rester à la maison, voilà le premier dilemme d’une rentrée scolaire qui s’annonce déjà très particulière.

 

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